Dans cet établissement, près d'un élève sur deux s'oriente vers la voie professionnelle sans projet clair, avec des signes de décrochage repérables dès la 6e. Face à la grande hétérogénéité des profils (élèves à besoins éducatifs particuliers, estime de soi fragile, retards de lecture, accès limité aux outils numériques) et à un isolement pédagogique, elles ont tenté d’harmoniser leur pratique. Deux questions ont structuré leur travail : comment engager tous les élèves, y compris les plus fragiles, dans un collectif qui soutient la persévérance et l'autonomie ; et comment mobiliser les apports des sciences cognitives pour transformer l'hétérogénéité en levier de réussite plutôt qu'en obstacle.
Ainsi est né le projet « Apprendre et entreprendre : apprentissage cognitif à travers une pédagogie transdisciplinaire » pour suivre une cohorte de la 6e à la 5e, entre 2024 et 2026, un choix pensé pour consolider le lien de confiance avec les élèves et développer une réelle coéducation avec les familles. Ce projet combine des ateliers de neuroéducation sur le fonctionnement du cerveau et les stratégies de mémorisation, des pratiques coopératives (conseils d'élèves, correction par les pairs), de la différenciation pédagogique (conception universelle des apprentissages, feuille de route autocorrigée) et un club Startup inter-niveaux animé par les enseignantes elles-mêmes, qui a engagé plus de la moitié des élèves du projet.
Ces deux années d'expérimentation ont permis aux enseignantes de tester et de quantifier les actions menées, portées au quotidien par l'engagement des élèves et des familles. Elles ont fait évoluer leur posture professionnelle et développé des partenariats éducatifs notamment avec le laboratoire LaPsyDé (CNRS) qui a, quant à lui, apporté un accompagnement scientifique pour mesurer l’impact de la recherche-action.
Les impacts positifs mesurés sont divers : augmentation des résultats, meilleur sentiment d'efficacité personnelle, meilleure coopération avec un groupe non choisi, amélioration de l’auto-questionnement métacognitif, moins de retenues, de sanctions et d'exclusions de cours.
Le projet a reçu le Prix Chercheurs en Actes 2026 (catégorie collège). Il se poursuit au lycée professionnel D'Alembert à Aubervilliers (93) où il réunit une trentaine d'élèves dans les dispositifs Seconde Passerelle et Seconde Tremplin, avec le même ancrage en neuroéducation et transdisciplinarité.
Crédit photo : Stéphanie Lacombe / MENESR
Mise à jour : octobre 2026


