Jusqu’au 15ème siècle, Bruges domine au nord l’économie marchande. Venise prend ensuite le relais en reliant les espaces marchands balte et méditerranéen.
Les Italiens et les routes commerciales au XIIIème siècle
Au 15ème siècle, les routes terrestres menant à l’Inde étaient souvent barrées par les Turcs musulmans. Trouver une voie maritime est alors devenu vital, car l’économie européenne s’appuyait sur le commerce d’objets précieux avec l’Orient : sel, épices (cannelle, clous de girofle), tissus (soie, coton), porcelaine, bijoux… On échangeait cela contre du blé et de l’or aux empires d’Orient. De plus, la demande des Européens pour ces produits a beaucoup augmenté à cette époque car les populations des villes s’étaient enrichies. Les Européens se sont même mis à manger de nouveaux produits, le maïs, les poivrons et les fraises.
Anvers, Gênes et Lisbonne se disputent le contrôle de ces routes.
La fin du féodalisme allait être à l'origine de politiques internationales ambitieuses. Elles annoncent aussi le prochain basculement géopolitique du centre de la Méditerrannée vers l'Ouest et le Nord de l'Europe. Les rois du Portugal ont beaucoup encouragé leurs explorateurs à trouver des voies maritimes ce qui a été rendu possible par les grands progrès en navigation. La création de l'école de Sagres, par l'Infant Henri le Navigateur était destinée à la découverte du monde, plus exactement à découvrir la voie du contournement de l'Afrique pour atteindre l'Asie et ses richesses sans naviguer en Méditerranée.
Les conquêtes portugaises ont commencé en 1415 avec la prise de Ceuta. Elles ont continué le long de la côte africaine jusqu’en Asie et jusqu’en Amérique. Moins d’un siècle et des dizaines d’expéditions plus tard, le Portugal contrôlait la route de l’or (en Afrique), des épices (en Asie) et du sucre (au Brésil). Il était devenu une super puissance commerciale présente dans le monde entier, du Brésil au Japon.
Représentation de l'arrivée des Portugais au Japon sur un paravent de l'Art Namban (1590-1614). Musée national d'Art ancien. Lisbonne.
Les Portugais ont installé des comptoirs (établissements de commerce ou de banque fondés par des particuliers indépendants du pouvoir local) comme Goa en Inde. Ils ont fondé des compagnies (sociétés créées pour contrôler le trafic d’un produit) et ont aussi fait des donations (terrains octroyés en général à un capitaine de vaisseau avec la mission de le mettre en valeur )
Pour protéger les routes de l’or et des épices, ils construisent des forteresses comme à Safala en Afrique orientale. La protection du commerce recouvre donc un aspect militaire.
Les comptoirs portugais et espagnols en 1650
Si les évolutions techniques et idéologiques ont été nécessaires aux grandes découvertes, les mutations de tout une société n’en sont pas moins nécessaires au nouveau commerce qui se met en place.
Jacques Attali dans son livre "1492", dit : «Le mathématicien et l’ingénieur, l’imprimeur et l’ébéniste aident (…) le marchand à calculer ses risques. Grâce à eux, l’Ordre n’est plus celui de la Force, même s’il n’est pas encore celui de la Raison ; il n’est plus celui de la Peur mais il devient celui de l’Energie.
En cette fin de siècle, l’Ordre féodal finit de disparaître, l’Ordre marchand s’installe. Dans l’échange.»
Le port de Lisbonne au XVème siècle -
Musée-Bibliothèque Conde Castro Guimarães, Cascais, Portugal
La développement commercial du Portugal met en place une concurrence avec l’Espagne. Dans la première moitié du 15ème siècle, Grenade, dernier bastion musulman, constitue une plaque tournante des échanges entre Afrique et occident et le point d’approvisionnement en or des Chrétiens. Mais dès 1460, l’avancée des Portugais en Afrique leur livre les sources de l’or. Grenade ne peut donc plus payer son lourd tribut à la Castille et l’on décide de l’attaquer pour en finir avec ce dernier témoignage de l’islam européen.
Mais il ne faut pas oublier que la grandeur du Portugal va de pair avec le développement de l'esclavage...