CONCOURS GENERAL

SESSION de 2004

COMPOSITION EN LANGUE PORTUGAISE
(Classes terminales ES, L et S)

Durée : 5 heures


Texte : Ó marreco olha o sonoro

L'usage du dictionnaire est interdit.




Travail à faire par le candidat

I. ETUDE DU TEXTE

1. Estude e comente a evocação que faz o narrador do cinema da sua infância.
2. Analise os sentimentos e o comportamento que o menino tinha em relação aos rapazes e raparigas que o rodeavam.
3. Analise a visão que o menino tinha do filme e dos actores.
4. Analise o estilo e o tom do texto.

II. ESSAI

Pensa que os filmes que vemos, os contos que ouvimos, os livros que lemos, os heróis que admiramos durante a infância podem influenciar, mais tarde, a nossa personalidade e o nosso comportamento?
Ilustre a sua análise apoiando-se em exemplos concretos.

III. TRADUCTION

Traduza para o francês desde o princípio até "com um batalhão de índios".





Texte :

Ó marreco olha o sonoro



       Para mim o cinema continua a ser um barraco ao pé do mar com um lençol amarrado à parede de madeira pregueando-se consoante o vento da noite, bancos corridos de pau e por detrás dos bancos o buraquinho da câmara que trepidava como um avião muito antigo e atravessava o cinema do buraquinho ao lençol nem raio de luz poeirenta que foi o Espírito Santo da minha infância. Ouviam-se ondas ao mesmo tempo que o filme, podia fumar sem o perigo de o meu pai aparecer
       (as pessoas da minha infância e os adultos em geral, sabe-se lá porquê, não apreciavam grandemente sentarem-se por duas horas em bancos de pau sem costas)
       havia rapariguinhas lindíssimas, de 11 anos, que não pareciam impressionar-se nada com os meus cigarros roubados ao tio Eloy nem com o perfume da minha mãe com que eu encharcava os sovacos às escondidas na esperança de me fazer admirar por aquelas sereias indiferentes, todas cochichos, risinhos e pastilhas elásticas de balão, fascinadas por velhos de 15 anos, já decrépitos, já de barba, já de calças compridas, que às vezes até bebiam cerveja e tinham licença para voltar para casa depois da meia-noite.
       Para mim o cinema continua a ser uma imagem desfocada no lençol com o público a protestar aos gritos
        - Não se vê o boneco
       continua a ser Jeff Chandler a descer do cavalo, ora nítido ora enevoado, para, sem a ajuda de ninguém, acabar em três penadas com um batalhão de índios, uma coisa que eu, ao contrário dos decrépitos de 15 anos que só pensavam em revistas de criaturas nuas
       (que interesse pode ter uma revista de criaturas nuas comparada com o tio Patinhas?)
       me sentia capaz de fazer com a maior facilidade se me dessem um revólver igualzinho ao dele, e que as raparigas de 11 anos, todas olhos para os matulões das cervejas, não havia maneira de entenderem, e nisto o som do filme faltava, Jeff Chandler movia os lábios numa bronquite de bobines e de ondas na praia, o público assanhava-se
        - Ó marreco olha o sonoro
       o verde do farol entrava pelos interstícios das tábuas, uma traineira chegava a gaguejar gasóleo, Jeff Chandler disparava num silêncio absoluto e os índios caíam não um a um mas aos magotes por cada tiro
       (uma única bala matava pelo menos uma dúzia de Sioux)
       sem que se escutasse um gemido sequer, o público desesperava-se
        - Ó marreco olha o sonoro
       o som voltava um segundo quando Jeff Chandler se aproximava de Maureen O'Hara toda plumas e pudores, e desaparecia outra vez no instante do beijo final
       (Maureen O'Hara devia ser um exemplo para todas as mulheres de 11 anos porque nunca a surpreendi aos cochichos nem aos risinhos e muito menos a mastigar pastilha elástica)
       o público vociferava frenético
        - Ó marreco olha o sonoro
       as palavras The End apareciam a encarnado a vibrar no lençol, as lâmpadas do barracão acendiam-se e eu aproveitava para dar cabo de todos os anciões de 15 anos que podia com o colt do indicador espetado. Os pais das meninas esperavam-nas para as levarem para casa e eu ficava de pé no meio de uma multidão de cadáveres de apreciadores de criaturas nuas, invadido pelo altivo orgulho que habitava os xerifes solitários enquanto o mar avançava e recuava na praia, de coração de súbito tristíssimo, saudoso de irresistíveis sereias indiferentes, ainda sem peito, de caras ocultas por balões de goma cor-de-rosa.


António Lobo Antunes. Livro de Crónicas
Publicações Dom Quixote, 1998









Le sujet au format .pdf





CONCOURS GENÉRAL DES LYCÉES

PORTUGAIS

Session de 2004

Rapport du jury

Dix huit candidats ont composé cette année au concours général. A l’exception de quelques copies, le niveau était dans l’ensemble très satisfaisant, et assez homogène. La majorité des candidats a su traiter de manière équilibrée les trois parties du sujet.

QUESTIONS

Remarques d’ordre général
Le principal défaut constaté cette année est le caractère incomplet de certaines réponses. En outre, quelques candidats, rares heureusement, n’ont pas répondu à la question 4 concernant le style et le ton du texte, soit à cause d’une mauvaise gestion du temps, soit à cause de la difficulté de la question. Cela les a bien sûr écartés du palmarès, même si le reste de leur copie était bon.
Le jury insiste donc sur la nécessité de gérer son temps de façon à mener une réflexion également approfondie pour chacune des questions et à traiter la totalité du sujet de manière équilibrée. S’il s’agit d’une incapacité à traiter la question en raison de sa difficulté, le jury rappelle que les candidats doivent se préparer, pour cette partie de l’épreuve, à aller au-delà de l’aspect explicite du texte et à ne pas se contenter de comprendre le fond en négligeant la forme et les aspects plus implicites. De même, l’analyse de la forme en soi n’apporte rien si on ne montre pas comment celle-ci est au service du fond et contribue à une analyse complète des différents aspects d’un texte, dont le style et le ton sont des éléments importants.

Question 1
La majorité des candidats a su évoquer les différents éléments constituant l’évocation du cinéma (lieu, conditions matérielles, images, son, ambiance). Cependant, quelques réponses sont restées incomplètes, car elles insistaient trop sur certains aspects (les conditions matérielles le plus souvent) au détriment de certains autres (l’environnement, l’ambiance, le film, et surtout ce que représentait le cinéma pour l’enfant). Il aurait fallu commenter l’expression « O Espírito Santo da minha infância, » sur laquelle certains candidats ont fait un contresens, croyant qu’il s’agissait du nom du cinéma.
Quelques candidats se sont contentés de faire un relevé de différents éléments sans les commenter ni montrer l’effet produit, alors que la question précisait bien « analise e comente ». Le jury déplore par ailleurs dans certains commentaires quelques erreurs d’interprétation. Quelques candidats ont semblé ignorer le contexte historique (il s’agissait de souvenirs d’une époque où le cinéma était bien différent du cinéma d’aujourd’hui) et ont jugé le cinéma évoqué par le narrateur avec les mêmes critères que s’il s’agissait du cinéma actuel; cela les a amenés à considérer comme des aspects négatifs ce que le narrateur évoquait au contraire avec nostalgie. D’autre part, certains candidats n’ont pas vu qu’il s’agissait d’un récit autobiographique, le personnage de l’enfant et le narrateur adulte étant une seule et même personne.

Question 2
Cette question a été dans l’ensemble assez bien traitée. Les comportements des personnages ont été plutôt bien étudiés. Il manquait toutefois dans certaines copies une analyse plus nuancée des sentiments du personnage principal vis-à-vis des filles et des garçons qui l’entouraient, sentiments qui étaient parfois ambigus voire contradictoires : fascination mais déception, admiration mais incompréhension, sentiment de supériorité mais de solitude, etc.

Question 3
L’identification du personnage au héros du film, l’image idéalisée de la femme incarnée par l’actrice, le caractère manichéen de ce type de film, ont été en général bien saisis et commentés. Quelques candidats ont fait des remarques judicieuses sur l’absence de frontière entre la fiction et la réalité et les réactions caractéristiques du monde de l’enfance. Quelques réponses toutefois ont été incomplètes ou bien répétitives. Il faut éviter de répéter la même idée sous des formes différentes pour donner l’impression de faire une réponse longue.

Question 4
Cette question a été la moins bien traitée et certains candidats l’ont même laissée de côté, comme nous le notions dans les remarques d’ordre général.
D’autre part, si quelques candidats ont su faire une étude correcte, voire approfondie du style, certains se sont contentés de faire un relevé de différentes figures de style et de techniques d’écriture. Or si l’étude du style doit commencer effectivement par ce relevé, il convient ensuite de ne pas se contenter d’une énumération (absence de ponctuation, utilisation de parenthèses, retours en arrière, métaphores, comparaisons, etc.), mais bien, comme l’indiquait la question, d’analyser, c'est-à-dire de commenter les caractéristiques et les figures relevées en montrant les effets produits : cela aurait permis de remarquer le va et vient entre le récit autobiographique, lié à la naïveté de l’enfant d’autrefois et le recul du narrateur adulte portant un regard ironique sur l’enfant qu’il était. Cela aurait également permis d’analyser le ton du texte : l’aspect nostalgique a été en général bien expliqué, mais l’ironie n’a pas toujours été saisie.

ESSAI

Les essais ont été pour la plupart bien structurés, et le jury apprécie que les candidats aient tenu compte des conseils donnés à ce sujet dans les rapports précédents en montrant leur capacité à mener une réflexion claire et structurée.
De nombreux candidats ont illustré leur avis par des exemples et des références littéraires ou cinématographiques bien ciblées et dignes d’intérêt.
Cependant, quelques candidats se sont limités à des considérations vagues ou à l’affirmation de vérités générales, sans illustrer leur propos par des exemples, comme le sujet les y invitait pourtant explicitement (« apoiando-se em exemplos concretos »)
Du point de vue de la langue, le jury se réjouit également d’avoir relevé, dans certaines copies, un excellent niveau : vocabulaire riche et recherché, aisance et élégance de la langue, clarté de l’argumentation et de l’illustration des propos.
Cependant, plusieurs erreurs ont été relevées dans un certain nombre de copies ; elles portaient principalement sur la place du pronom personnel complément, l’utilisation d’hispanismes (ejemplo), le régime des verbes (aceitar, en particulier), des erreurs d’orthographe (ivadir, ivasão, doublement de consonnes) et surtout une mauvaise connaissance des règles d’accentuation, qui semblent, d’année en année, de plus en plus négligées. Le jury doit donc insister à nouveau sur le fait qu’il est important de consacrer le temps nécessaire à une relecture attentive de l’ensemble du travail, ce qui permettrait sans aucun doute de corriger un certain nombre d’erreurs.

VERSION

Le passage proposé ne présentait pas de difficultés majeures de compréhension et les contresens ont donc été peu nombreux. En revanche, le style de l’auteur n’était pas toujours aisé à transposer. La principale difficulté a porté sur la traduction de l’expression « nem raio de sol… » qui a souvent provoqué un contresens car elle a été traduite par une négation (pas même un rayon de soleil, sans un rayon de soleil) alors qu’il s’agissait d’une comparaison (tel un rayon de soleil ).
Le vocabulaire, assez courant, n’a pas posé de gros problèmes, à l’exception de quelques mots : « um raio de luz poeirenta » a été parfois traduit par un coucher de soleil, « amarrado» par installé, « sem costas » par sans dos au lieu de sans dossier, « aos cochichos » par coquines, « os sovacos », par les habits ou encore les chaussures alors qu’il s’agissait des aisselles.
Une méconnaissance du français a parfois provoqué des barbarismes tels que trépitait pour trépidait, décrépus ou décrépites au lieu de décrépits, nitides pour nets, les axiles pour les aisselles, ou de grosses maladresses comme : les pastilles élastiques à boules, ou encore des gommes à mâcher de balle ou de ballon, expressions qui n’ont aucun sens en français, alors qu’il s’agissait tout simplement de chewing-gum. La traduction de certains mots a été omise (« corridos », « os sovacos »).
Le jury conseille aux candidats de ne pas hésiter à prendre des risques face à la difficulté en faisant appel à leur bon sens et en étant toutefois sûrs de ne pas employer un barbarisme.
Enfin, de nombreuses expressions ont été traduites mot à mot, et certaines constructions calquées sur le portugais, ont révélé une mauvaise maîtrise de la langue française et provoqué de grosses maladresses telles que : « sans le danger de mon père apparaître » : il fallait ici ajouter de voir (mon père apparaître) ou bien avec la conjonction que (que mon père apparaisse) car ce type de proposition infinitive n’est pas correct en français. Le régime des verbes continue à poser des problèmes : ils n’appréciaient pas s’asseoir, alors que le verbe apprécier se construit en français avec la préposition de, de même, impressionar-se com ne peut pas être traduit « être impressionné avec » mais « être impressionné par ». Les expressions « de calças » ou « de barba » construites avec la préposition de en portugais n’ont pas de correspondant avec la préposition de en fançais, il fallait donc traduire par portant un pantalon, portant la barbe.
L’exercice de version ne peut en aucun cas être une transposition littérale d’une langue à l’autre, mais doit au contraire montrer une réelle maîtrise de la langue française, en particulier dans ses différences de construction par rapport au portugais. Rappelons que cette partie compte pour un tiers de la note finale, et ne doit donc pas être négligée.


Rapport établi par Mario Gamboa, président du jury,
en reprenant les observations faites par les membres du jury