SESSION de 2002
COMPOSITION EN LANGUE PORTUGAISE
(Classes terminales ES, L et S)
Durée : 5 heures
Travail à faire par le candidat
Texte :
(1) o grumete : le mousse
(2) o timão : la roue du gouvernail
(3) um chamariz : ce qui attire l'attention
(4) pacato : paisible
QUESTIONS
Remarques d’ordre général :
Les défauts constatés l’année dernière (tendance à la paraphrase et manque d’appui sur le texte) ont été moins fréquents : en effet, de nombreux candidats ont été capables d’illustrer leurs réponses par des éléments précis du texte. En revanche, le jury a constaté cette année que certaines réponses, comportant par ailleurs des éléments pertinents et bien appuyés sur le texte, sont parfois restées incomplètes : en effet, plusieurs candidats ont privilégié certains aspects des questions et en ont laissé d’autres, tout aussi importants, de côté.
Question 1
Il faut tout d’abord remarquer que quelques candidats, peu nombreux heureusement, n’ont pas répondu à la question, qui portait sur la composition du texte, et se sont contentés d’évoquer les champs lexicaux, les temps des verbes, le rythme ou la longueur des phrases ou encore le ton du texte. Même si ces remarques étaient justes, elles étaient ici hors sujet.
Une majorité de candidats a bien su montrer les différents mouvements du texte, mais quelques-uns n’ont perçu sa composition que comme une succession de parties sans lien entre elles alors qu’il était important de rendre compte de l’articulation entre ces parties, et surtout d’une progression.
Ceci aurait d’ailleurs permis de mieux répondre à la deuxième partie de la question portant sur l’effet produit sur le lecteur, qui a souvent été passée sous silence ou traitée partiellement. Or, le texte était aussi construit autour d’éléments suscitant la surprise, créant un certain mystère autour du personnage, provoquant un effet de suspense, attisant la curiosité et éveillant progressivement l’intérêt du lecteur … Ces aspects n’ont été que rarement évoqués.
Question 2
Cette question a souvent été traitée de manière partielle, certains candidats ayant surtout commenté le portrait psychologique du personnage en oubliant le portrait physique, d’autres ayant passé sous silence la relation du personnage avec l’océan, ou totalement oublié certains aspects, pourtant significatifs.
D’autre part, peu de candidats ont remarqué que le portrait n’était pas fait d’un seul bloc mais plutôt constitué de petites touches s’additionnant tout au long du texte, et complété par certains éléments qui pouvaient apparaître comme des détails, mais qui étaient au contraire significatifs, comme par exemple les paroles adressées par le commandant à l’océan, ou l’épisode de la pipe ou encore la carte de visite révélant à la fin du texte l’identité du personnage.
Enfin, le jury regrette que les candidats n’aient pas vu que ces différentes touches ainsi que certains détails, parfaits clichés de l’homme de la mer, transformaient petit à petit le portrait en caricature dans laquelle la dimension ironique était bien présente dans le point de vue du narrateur. Cette ironie n’a été que rarement remarquée.
Question 3
Cette question a été bien traitée dans l’ensemble, même si l’on peut regretter, dans certains cas, une analyse incomplète et, quoique plus rarement, un certaine tendance à la paraphrase.
Question 4
Cette question a été également bien traitée dans l’ensemble : la singularité de la personnalité et du comportement de Zequinha Curvelo par rapport aux autres ainsi que son rôle comme intermédiaire entre le commandant et les habitants de Periperi ont été, dans la majorité des copies, bien analysés. En revanche, peu de candidats ont relevé son rôle dans la création du mythe se développant autour du personnage du Commandant ainsi que l’importance de son point de vue dans l’élaboration du portrait.
ESSAI
Les essais ont été, cette année, assez bien structurés. Il est vrai que le plan était induit par la formulation du sujet. Ceci étant, seule une partie des candidats a été capable d’une analyse qui aille au-delà des lieux communs et assez peu de candidats ont su s’appuyer sur de références culturelles (littérature, cinéma, etc.) pour argumenter leur opinion personnelle.
Si les introductions ont été le plus souvent satisfaisantes, introduisant clairement le sujet et le plan, les conclusions ont généralement été la partie la moins bien réussie de l’essai, car elles n’ont généralement fait que reprendre ce qui venait d’être dit, donnant au lecteur une impression de répétition et de lassitude.
La langue a été dans l’ensemble très correcte, malgré quelques maladresses d’expression et quelques erreurs récurrentes. En effet, le jury a noté, dans certaines copies, un manque de clarté, dû souvent à l’emploi de phrases trop longues ou d’erreurs de construction. Les erreurs de langue le plus souvent relevées ont été les suivantes : la place du pronom personnel complément, le régime des verbes ou des adjectifs, un mauvais emploi du relatif cujo, quelques gallicismes et des problèmes d’accentuation graphique. Le jury encourage donc les candidats à améliorer encore leur niveau de langue en se penchant avec plus de rigueur sur ces aspects qui sont, chaque année, les points faibles dans le domaine de la langue.
VERSION
Le passage proposé ne présentait pas de difficulté majeure de vocabulaire et le jury déplore plus les maladresses d’expression en français que les contresens ou les faux sens.
Quelques mots ou expressions semblent avoir posé problème. Ainsi les mots tragos (gorgées), roda do leme (le gouvernail), paletó, qu’il fallait traduire par «veste» ou par «caban» dans ce contexte marin. De même um mar .... de sargaços, (la mer des sargaces) a été à l’origine de maladresses, se tranformant même dans une copie en «mer de sarcasmes». Quant à la traduction de imponência, le jury rappelle que, lorsque le candidat ne trouve pas le mot juste, il peut avoir recours à une expression («posture imposante», par exemple), plutôt que d’inventer un barbarisme.(«imponance»).
Les expressions que les candidats ont eu le plus de mal à traduire ont été : um soldado em posição de sentido et um general em bronze numa estátua. Peu de candidats semblaient en effet savoir que posição de sentido correspond à «guarde-à-vous» et beaucoup ont proposé des formes assez maladroites, comme, par exemple, «un soldat en position de ressentiment»(!) ou encore des faux-sens comme «en guarde-à-vue». Quant à um general em bronze numa estátua, il fallait traduire par «la statue en bronze d’un général» plutôt que par «un général en bronze d’une statue», qui ne veut rien dire en français.
Enfin, le jury tient à rappeler qu’à l’occasion d’un examen ou d’un concours, le candidat doit faire son choix entre les différentes traductions possibles et non pas proposer plusieurs solutions pour que le correcteur fasse lui- même un choix.
En conclusion, nous dirons que, si la préparation des candidats semble supérieure dans l’ensemble à celle des années précédentes, le niveau des meilleures copies au concours de cette année a paru au jury quelque peu en retrait par rapport à celui de 2001. Ceci est notamment dû au fait que les candidats n’ont pas su analyser avec assez de profondeur les aspects narratifs et descriptifs pour en mettre en évidence toutes les richesses, en particulier pour ce qui concerne l’expression de l’ironie, voire ici de la dérision dans cette grande page de littérature. Par le choix de ce texte, le jury a souhaité rendre une forme d’hommage à Jorge Amado, immense écrivain, qui nous a quittés récemment.