SESSION de 2001
COMPOSITION DE LANGUE PORTUGAISE
(Classes terminales ES, L et S)
Durée : 5 heures
Travail à faire par le candidat
1. Estude as dúvidas e o ponto de vista da avó a respeito da situação do país.
2. Analise e comente as reacções e os sentimentos dos membros da família em relação à presença e à atitude da avó ao longo da história.
3. Estude e comente a violência da cena que decorre logo depois do passeio da avó na cidade.
4. Estude, no fim do texto, os elementos que dão um aspecto fantástico e um valor simbólico à história .
II. ESSAI
Pensa que a reacção da avó poderia constituir uma resposta ao impacto que têm a imprensa, a televisão e até a Internet nas nossas sociedades modernas? Analise a situação actual e dê a sua opinião justificando-a com exemplos concretos.
III. TRADUCTION
Traduza para o francês o trecho de : «...Os meninos até choraram, assustados... », até ao fim do texto.
Texte :
(1) lentes : ( aqui) os óculos
(2) satanhocos : malditos
(3) a insanidade : a demência, a loucura.
QUESTIONS
Remarques d’ordre général :
Le jury a remarqué deux défauts principaux dans les réponses aux questions : un manque d’appui sur le texte et une certaine tendance à la paraphrase.
Cette année, aucune question ne portait exclusivement sur le style. Toutefois, pour justifier et illustrer certaines affirmations, il aurait été souhaitable de s’appuyer aussi sur la langue et les aspects stylistiques ; cela manquait dans un certain nombre de copies dont les réponses sont restées superficielles ou se sont limitées à de la paraphrase. Rappelons qu’il s’agit ici de l’analyse du texte et que celle -ci ne peut se limiter ni à un résumé des faits, ni à un relevé chronologique de certains éléments.
Par ailleurs, le jury insiste sur le fait que les candidats doivent s’efforcer d’utiliser un vocabulaire ou des références qu’ils sont sûrs de maîtriser. En effet, certains lapsus, erreurs de vocabulaire ou confusions (par exemple le mot luxúria employé pour luxo, Angola au lieu de Moçambique) peuvent être lourds de conséquences.
De même, le jury a été surpris de trouver dans cette partie du devoir certaines références culturelles ou historiques hors de propos : celles-ci ne sont utiles que si elles illustrent le commentaire ; or, dans cette partie, il convient avant tout d’analyser précisément le texte et non de donner un avis personnel ou de faire des références qui n’apportent rien au commentaire mais qui pourraient, en revanche, trouver leur place dans l’essai.
Question 1
Certains candidats n’ont répondu qu’à une partie de la question, insistant davantage sur l’opposition entre une société citadine et moderne, symbolisée par la télévision et une société rurale représentée par la grand-mère. Cette idée était certes intéressante, mais il ne fallait pas pour autant négliger d’autres aspects du texte : les inégalités, les privilèges, l’opposition entre les espoirs suscités par l’Indépendance et la réalité telle qu’elle est vue par la grand-mère.
Pour cela, il ne suffisait pas de faire un relevé d’éléments concernant la situation du pays (guerra, desigualdade social, miséria) réduisant la réponse à de la paraphrase, mais il convenait également d’analyser la vision de la grand-mère et les sentiments nés de cette vision ; il fallait aussi montrer comment cette vision était présentée au lecteur (emploi du style direct, indirect ou indirect libre, utilisation de formes interrogatives ou interro-négatives par exemple.)
Par ailleurs, s’il est important de s’appuyer sur des exemples précis du texte, l’analyse ne saurait se limiter à une succession de citations. Celles-ci ne sont utiles que si elles servent à justifier une affirmation et à illustrer un raisonnement. Les candidats doivent donc s’efforcer de montrer le rapport entre leurs citations et ce qu’elles illustrent.
Question 2
Cette question a, semble-t-il, suscité l’intérêt des candidats qui ont, pour la plupart, bien analysé les diverses attitudes de la famille et bien montré les contradictions et l’évolution des réactions.
Cependant, cette question a également, comme la première, donné lieu à de la paraphrase dans un certain nombre de copies.
Question 3
Certains candidats se sont plus attachés à expliquer les causes de la violence de la grand-mère qu’à analyser l’expression de la violence dans la scène. Là encore, l’appui sur le style et la langue était nécessaire (vocabulaire utilisé, champ lexical lié à la destruction, abondance de verbes d’action au pretérito perfeito, utilisation du style direct, sonorités, etc...)
Question 4
Cette question a été la moins bien réussie. Elle a parfois été traitée de manière incomplète. Elle portait sur les aspects symboliques et fantastiques du texte. Plusieurs candidats ont bien analysé l’aspect symbolique mais ont partiellement ou totalement laissé de côté l’aspect fantastique.
ESSAI
Les essais ont été, pour la plupart, bien construits et le jury a apprécié l’effort de candidats pour mener une réflexion claire et structurée. Cependant, quelques conclusions ont été maladroites ou répétitives.
Le jury a particulièrement apprécié les copies dans lesquelles les propos sont illustrés par des exemples précis ou des références (historiques, littéraires ou cinématographiques) à condition qu’elles aient été choisies à bon escient et non plaquées artificiellement pour faire étalage de connaissances.
Il faut cependant souligner certains défauts :
Quelques candidats ont traité le sujet de manière partielle. Celui-ci comportait en effet deux axes : d’une part l’analyse de l’impact des moyens de communication dans la société actuelle ( o impacto que têm a imprensa, a televisão e até a Internet) et d’autre part la question concernant la réaction de la grand-mère comme réponse à cet impact ( pensa que a reacção da avó podia constituir uma reacção ao impacto...?). Certains candidats se sont contentés de donner leur point de vue sur la situation actuelle, en définissant les effets positifs et négatifs des moyens de communication mais n’ont pas répondu à l’autre partie de la question.
La question pouvait également amener à réfléchir sur les différences entre les moyens de communication évoqués dans le sujet (presse, télévision, Internet) . Or, certains candidats n’ont fait aucune distinction entre ces différents média, leur attribuant les mêmes défauts et les même qualités alors qu’il aurait été intéressant de nuancer.
Enfin, le jury a noté, dans certaines copies, une tendance à l’emphase, caractérisée notamment par l’emploi de phrases excessivement longues et complexes dont le lecteur perd le fil. Les candidats doivent cesser de penser que la profondeur de leur réflexion et la valeur de leur argumentation sont proportionnelles à la complexité et à la longueur de leurs phrases. En effet, ces caractéristiques ne reflètent pas nécéssairement un bon niveau de langue; la clarté et la concision sont souvent plus efficaces.
La langue a été riche et correcte dans l’ensemble mais il faut tout de même regretter un grand nombre d’hispanismes et de gallicismes dans quelques copies. On peut également déplorer que certains candidats, même ceux qui font preuve par ailleurs de réelles qualités, semblent ignorer les règles de l’accentuation écrite ( familia pour família, esta pour está, a pour à, faze-lo pour fazê-lo, etc...)
VERSION
Le passage choisi ne présentait pas de difficultés de compréhension mais il n’était pas toujours aisé de rendre en français certaines expressions caractéristiques de la langue de Mia Couto.
Par conséquent, les contresens et faux-sens ont été assez peu nombreux, et le jury a relevé essentiellement de grosses maladresses d’expression.
Les contresens, peu nombreux donc, ont principalement porté sur la phrase reabilitou-se aos custos : la méconnaissance du sens de l’expression aos custos (difficilement) entraînant des interprétations erronées telles que il s’est inquiété des frais, il se préoccupa des coûts ou encore il compta les dégâts.
Notons également des faux-sens fréquents sur les mots suivants :
-a anciã, (la vieille femme) traduit par l’écran, l’anxiété ou encore l’événement.
- o parecer do feiticeiro (l’avis du sorcier) traduit par l’apprenti du sorcier, le semblable du sorcier, l’équivalent du sorcier ou encore un semblant de sorcier.
- encarava ( fixait) traduit par grondait.
- os estragos traduit par les étrangers.
Les maladresses, en revanche ont été très nombreuses; citons entre autres : incrustée dans la surprise, ils se réjouissaient en acclamation, pauvre de la grand-mère, elle dépêcha son retour, elle rentra dans sa terre, il ausculta les lieux, transitant de la goutte au fleuve, la famille se recomposa, etc...
Par ailleurs, un seul candidat a su traduire les imparfaits : ... que aquele sangue não terminava , crescia ... par un conditionnel à valeur de futur dans le passé: (il dit) que ce sang ne s’arrêterait pas,...
Enfin, certaines copies, d’un bon niveau dans les deux autres parties, ont été fortement pénalisées par l’exercice de version en raison d’une mauvaise maîtrise de la langue française :
La méconnaissance de la conjugaison des verbes au passé simple conduit à des barbarismes, l’absence de pronom personnel sujet, impossible en français, rend les phrases incompréhensibles (Recueillit des ombres. Remit le sac) et une méconnaissance du régime des verbes (ils tentèrent retirer, ils tentèrent laver ) provoque de graves incorrections.
CONCLUSION
Les candidats semblent dans l’ensemble bien préparés à cette épreuve ; toutefois quelques points peuvent être encore améliorés :
On ne saurait trop leur conseiller d’être plus rigoureux dans l’analyse du texte, de prendre appui sur la langue et le style pour justifier leurs affirmations et surtout d’éviter la paraphrase.
En ce qui concerne l’essai, une lecture plus attentive du sujet s’impose : cela éviterait de ne traiter que partiellement la question posée. Une relecture finale minutieuse de la totalité de l’essai réduirait sans aucun doute le nombre d’erreurs de langue inacceptables. Enfin, il ne faut pas négliger l’entraînement à la version : il ne suffit pas de comprendre le texte, encore faut-il faire preuve de sensibilité, de bon sens et d’une maîtrise suffisante de la langue française pour respecter les intentions de l’auteur mais aussi pour les exprimer correctement en français.