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L'APPRENTISSAGE DE L'AUTONOMIE
DANS LES ITINERAIRES DE DECOUVERTE

 
 
Un axe fort des itinéraires de découverte

Qu'est-ce qu'un élève autonome en 5ème ?

Comment faire acquérir de l'autonomie grâce aux IDD ? 

Quelques outils pour enseigner l'autonomie

charte de civisme
le scribe et le messager
planification des tâches
l'appel raisonné

carnet de bord
conduire vers l'autonomie

 
Evaluation de l'autonomie 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

I. Un axe fort des itinéraires de découverte. (Rappel du B.O. n°16 du 18 avril 2002)

" Une triple ambition doit animer la mise en œuvre de ces itinéraires de découverte : donner davantage de sens aux contenus d'enseignement et développer l'autonomie des élèves dans leur travail scolaire"
" ... l'apprentissage de l'autonomie... 
La démarche de projet, dans laquelle s'inscrivent les itinéraires de découverte, conduit les élèves à travailler seuls ou en petits groupes. En raison de l'âge des élèves et du nombre de séances, les professeurs ont un rôle essentiel à jouer pour les préparer à cette situation et pour les guider dans leur cheminement, fait de tâtonnements et d'erreurs, de critiques et de remises en cause.
Dans cette perspective, le rôle pédagogique du professeur documentaliste est réaffirmé pour accompagner chaque élève dans la mise en œuvre d'une démarche personnelle de recherche documentaire et de maîtrise de l'information. (…)
Encourager la démarche autonome des élèves conduira à les accompagner par une évaluation tout au long de l'action. Les itinéraires de découverte constituent, de ce point de vue, une occasion nouvelle pour révéler des capacités, des aptitudes jusqu'alors passées inaperçues.
Pour nourrir ce dialogue et cette aide, chaque élève sera incité à se doter, par exemple, d'un "carnet de bord" personnel ou "cahier de recherches" pour noter l'évolution de son travail, les ressources mobilisées, les réussites et les obstacles rencontrés. Cette évaluation formative permettra ainsi à chaque professeur d'affiner le regard qu'il porte sur ses élèves. " (c'est nous qui soulignons)






II. Qu'est-ce qu'un élève autonome en 5ème ?

A cette question, un panel de collègues a répondu dans le cadre d'une formation I.U.F.M. sur l'évaluation dans les itinéraires de découverte :
" Un élève autonome est un élève qui sait :
- travailler seul, 
- réviser sans qu'on ait systématiquement besoin de le lui rappeler, 
- se fixer des objectifs 
- s'organiser dans son travail 
- demander de l'aide quand il en a besoin 
- écouter l'autre
- gérer son temps 
- réinvestir des méthodes acquises 
- se répartir les tâches, s'entraider 
- se déplacer calmement 
- avoir son matériel 
- prendre des initiatives 
- analyser son travail, ses difficultés et ses réussites 
- bien se tenir 
- trouver l'information. " 

Toutes ces compétences sont des attentes de fin de 5ème...

Le groupe a ensuite tenté de répartir ces compétences en deux grandes catégories :

Savoir-être : demander de l'aide quand on en a besoin, réviser, se déplacer calmement, avoir son matériel, prendre des initiatives, s'entraider, bien se tenir, accepter l'erreur… 
Savoir-faire : se fixer des objectifs, gérer son temps, réinvestir des méthodes acquises, se répartir les tâches, analyser son travail, ses difficultés et ses réussites, savoir trouver l'information… 

Peut-on espérer faire acquérir et valider toutes ces compétences en fin de 5ème ? 
Comment les itinéraires peuvent-ils participer à cette acquisition ? 
 
 
Un groupe de travail académique composé d'enseignants a, pour sa part, défini ainsi l'autonomie :
"L'autonomie peut être définie comme la liberté de parcours accordée à l'élève entre la commande passée par les enseignants en début d'itinéraire et la réalisation de la production finale, notamment en ce qui concerne le rythme du travail, la forme de la production, la répartition des tâches dans les groupes. Enseigner l'autonomie consiste à donner des consignes claires et à laisser aux élèves le temps de se les approprier et de trouver des solutions pour répondre à la commande. "

 







III. Comment faire acquérir de l'autonomie grâce aux IDD ? 

Quelques principes : 
- on ne résoudra pas toutes les difficultés de l'élève grâce aux I.D.D. Ce dispositif participe avec les autres disciplines à l'apprentissage de l'autonomie ; 
- on peut se limiter à quelques compétences que l'on veut particulièrement travailler avec les élèves et qu'on leur présente dès le début de l'I.D.D ; 
- on fera progresser l'autonomie au fil des quatre itinéraires. Il faut espérer que chaque IDD servira au suivant ; 
- on s'assurera que l'on est capable de faire soi-même ce qu'on attend de l'élève ;
- on acceptera de laisser une réelle autonomie aux élèves. Il faudra trouver un équilibre entre un cadrage trop rigide et une trop grande "liberté"...













IV. Quelques outils pour enseigner l'autonomie 

Tous ces outils ou démarches pédagogiques ne peuvent pas être utilisés simultanément. Ce sont des expériences qui ont été menées par des collègues dans leurs classes. Nous vous les proposons comme des pistes de réflexion.

Du côté des élèves, quelques pistes pédagogiques : 







- un carnet de bord

A quoi peut servir un carnet de bord pour l'élève ?
Un carnet de bord peut permettre à l'élève de planifier ses tâches au cours de l'itinéraire. Il peut ainsi mesurer l'avancée de ses travaux. C'est un outil qui peut lui permettre d'analyser sa propre démarche et d'être progressivement capable de repérer ses difficultés et ses compétences. Il va participer à l'acquisition d'une certaine autonomie. 
C'est un support qui va lui permettre de conserver des traces de ses recherches d'une séance à l'autre et par conséquent de gagner du temps. 
Pour les enseignants, le carnet de bord-élève est un outil de suivi précis des élèves afin de repérer leurs difficultés et d'organiser les séances suivantes pour répondre aux attentes du groupe. 

Compétences mises en jeu : se fixer des objectifs, s'organiser dans son travail, analyser son travail, ses difficultés et ses réussites. 

La mission académique sur la Maîtrise de la Langue réfléchit actuellement à l'utilisation d'un tel outil.
Elle vous proposera quelques exemples de carnet de bord actuellement utilisés par les collègues. Ces documents pourront vous inspirer dans l'élaboration du vôtre si vous choisissez d'adopter cet outil.








- une charte de civisme en IDD
Pour être autonomes, les élèves doivent d'abord "adapter" leur comportement. Ainsi, certains collègues ont choisi d'élaborer avec les élèves, et en début d'itinéraire, une charte de vie ou de civisme dans laquelle les élèves et les enseignants réfléchissent et déterminent des comportements à valoriser et des attitudes à proscrire. Ce document ainsi rédigé en commun devient en cours d'itinéraires la référence en terme de savoir-être. Grâce à lui, les élèves se verront valorisés ou sanctionnés.

Compétences mises en jeu : demander de l'aide quand on en a besoin, écouter l'autre, se déplacer calmement, avoir son matériel, bien se tenir...




- le travail de groupes : "le scribe et le messager"
Le plus souvent, le travail en itinéraires de découverte s'effectue en petits groupes (généralement de deux à cinq élèves). Dans ces conditions, il n'est pas simple pour l'enseignant de suivre, guider et contrôler le travail des groupes et de chacun de leurs membres. Par ailleurs, savoir travailler au sein d'un groupe, lui-même à l'intérieur d'une classe, est une posture que les élèves ont du mal à adopter. 
Pour permettre un meilleur suivi des groupes, et s'assurer que chacun y trouve sa place (et que tous travaillent !), des collègues ont mis en place une situation pédagogique qu'ils ont appelée "le scribe et le messager" :
Ce travail s'effectue en co-intervention. Pendant qu'un enseignant circule dans les groupes pour guider et aider les élèves dans leur activité, l'autre enseignant reçoit en entretiens individuels les messagers des groupes. Désignés par les enseignants, ils ont la charge de présenter au professeur l'avancée des travaux, de lui poser trois questions et de noter les réponses. On aura choisi pour messager l'élève du groupe qui apparemment s'investit le moins. Ainsi les autres membres du groupe s'efforceront de l'informer du travail en cours. D'abord mis en difficulté, le messager sera valorisé si d'aventure il ramène des renseignements utiles (et une bonne note quand l'entretien est évalué). Pour ne pas pénaliser le groupe, quand le messager ne respecte pas le travail de ses camarades, il est fait appel au scribe. Le scribe est un élève qui prend des notes et retranscrit les interrogations du groupe. Il est le détenteur des traces écrites.
Les rôles du scribe et du messager seront redistribués régulièrement.

Compétences mises en jeu : s'organiser dans son travail, écouter l'autre, se répartir les tâches, s'entraider, accepter l'erreur, trouver l'information... 




- une planification des tâches : "l'échéancier"
Tous les élèves ou groupe d'élèves ne vont pas travailler au même rythme. On peut "obliger" tout le monde à travailler ensemble et planifier pour la classe toutes les séances (recherches, acquisitions de connaissances et de compétences, évaluations, production...) ou laisser aux élèves de l'autonomie dans la gestion du temps. 
On peut craindre que des élèves (de 5ème notamment) ne soient pas capables de prévoir leurs activités longtemps à l'avance. Le carnet de bord peut les y aider. On peut également travailler avec eux sur un "échéancier". On fixe par "contrat" les grandes étapes de l'itinéraire. A ces dates, ils devront remettre telle ou telle partie de leur travail. Entre ces dates, ils doivent gérer leur temps et tenir à jour un planning.

Compétences mises en jeu : travailler seul, se fixer des objectifs, s'organiser dans son travail, gérer son temps, prendre des initiatives... 



- un oral de régulation : l'appel raisonné
Une des difficultés pour les enseignants en itinéraires de découverte est d'aider les élèves qui en ont vraiment besoin. Certains élèves, en effet ne demandent pas l'aide du professeur alors qu'ils sont en difficulté, d'autres à l'inverse sollicitent systématiquement sa présence à leurs côtés. Il peut s'agir de rassurer ou d'aider. Acquérir de l'autonomie, c'est aussi savoir demander de l'aide lorsqu'on en a réllement besoin. Il faut donc être capable d'analyser ses difficultés.
Certains collègues ont choisi le moment de l'appel pour entraîner les élèves à cette auto-analyse : en même temps que l'élève répond à l'appel de son nom, il rappelle le sujet étudié, ce qu'il va faire à cette séance et s'il a besoin de l'aide des enseignants. Ce dernier peut ainsi intervenir en priorité auprès des élèves demandeurs (et vérifier avec eux la validité de la demande).
Cette opération peut être reconduite en fin de séance pour aider les élèves à faire le point et à anticiper sur la séance suivante.
Si cet appel raisonné est systématiquement utilisé, il prend la forme d'un carnet de bord oral. Il peut aussi être une première étape vers un carnet de bord écrit.

Compétences mises en jeu : demander de l'aide quand on en a besoin, analyser son travail, s'organiser...



Du côté des enseignants, quelques principes pour "enseigner" ou conduire vers l'autonomie: 

- vérifier la faisabilité des activités proposées : les élèves perdent vite de l'autonomie face à une tâche qui leur semble insurmontable. Il vaut mieux prendre plus de temps et travailler avec eux sur la consigne si l'on veut ensuite les laisser travailler seuls;
- donner l'exemple en montrant aux élèves comment faire;  
- laisser du temps pour permettre le tâtonnement, la tentative, l'erreur;
- accepter l'erreur; 
- organiser l'espace : des collègues, qui travaillent dans un grand espace, (CDI, salle de réunion, gymnase, extérieur...) nous ont présenté l'expérience suivante : ils ont aménagé spatialement trois pôles : le premier pour la recherche, le deuxième pour l'étude (de documents, d'une situation, d'une expérimentation...), le troisième pour la production. Cela permet aux élèves de changer d'atelier et de mener ces trois activités de front. On constate en effet que les élèves n'avancent pas sur le même rythme et avec la même chronologie. Pour l'enseignant, cela aide à canaliser les énergies : on n'attend pas les mêmes attitudes dans les trois situations. La co-intervention assouplira cette pratique pédagogique; 
- gérer autrement le matériel : on peut essayer de prévoir à l'avance les outils de recherches, de production, proposer une bibliographie pour cerner les recherches. On peut réflechir également à la pertinence d'autoriser les élèves d'entreposer leur matériel au collège. Cela évite les oublis, les multiples transports, la détériotation de la production en cours...
- diagnostiquer les compétences des élèves en se créant des outils pour mieux les connaître. Une collègue nous a ainsi montré qu'elle adaptait un "contrat d'autonomie" : en fonction des pré-acquis des élèves qu'elle a diagnostiqué dans les premières séances, elle cible avec chacun d'entre eux un nombre très limité de compétences à acquérir au cours de l'I.D.D.;
- rentabiliser la co-intervention pour permettre la différenciation pédagogique : on laisse d'autant plus d'autonomie aux élèves quand on est deux pour "surveiller" cette liberté qui fait peur aux enseignants et qui peut, il est vrai, dégénérer si elle est mal maîtrisée;
- accepter une nouvelle posture d'enseignant.



V. Evaluation de l'autonomie 

Faut-il évaluer l'autonomie ? 
Evaluer ne signifiant pas systématiquement noter, chiffrer, il semble essentiel dans le cadre des itinéraires de découverte d'évaluer l'autonomie. C'est une compétence ou, comme on l'a vu plus haut, un ensemble de savoir-être et de savoir-faire. Comme toutes compétences enseignées, acquises ou en cours d'acquisition, il est important de signifier à l'élève ses progrès. 
On peut également l'évaluer avec une note si on parvient à critérier un certain nombre de compétences. Cette condition est importante pour ne pas sanctionner un (mauvais) comportement par une note (sanction) comme le stipule le B.O. spécial n° 8 du 13-07-2000. Toutes les notes doivent donc être le reflet de la validation ou non d'une compétence.

Qui l'évalue ? et comment ? 
Il peut être opportun de faire participer l'élève à l'évaluation de son autonomie afin qu'il se rende compte des écarts et des progrès avec les règles établies ou avec les compétences prédéterminées. On choisira par exemple quelques savoir-faire et savoir-être listés plus haut. On mettra l'accent sur l'apprentissage de ces compétences et ils deviendront des critères de l'évaluation.
Une autoévaluation semble donc envisageable. On peut aussi penser que cette autoévaluation peut faire l'objet d'une négociation lorsqu'on la confrontera à l'évaluation des enseignants. 

Les outils utilisés peuvent être des grilles du type :
 
Critères d'autonomie
Evaluation par l'élève
Evaluation par l'enseignant
JE SUIS CAPABLE DE :
OUI
NON
OUI
NON
avoir mon matériel à chaque séance
demander de l'aide quand j'en ai besoin 
m'organiser dans mon travail 
me fixer des objectifs
gérer mon temps 
trouver l'information

On peut aussi trouver d'autres supports qui permettent d'évaluer les progrès plus que les résultats : concernant notamment l'utilisation de cibles ou d'étoiles, on lira avec profit : L'évaluation des élèves de Philippe Perrenoud, De Boek Université, 1998.


 
 
 
© Académie de Créteil - 28 janvier 2003