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A PROPOS DE LA LIAISON ÉCOLE - SIXIÈME
La publication de nouveaux programmes, aussi bien pour l'école que pour le collège et le développement dans l'académie des sessions de travail sur le thème de la liaison école - 6ème ont motivé l'organisation, le 8 novembre 1995, d'un après-midi d'information sur les lignes de force de ces divers programmes et la clarification de certains points. Cette réunion a associé les I.P.R.-I.A. et des formateurs "collège", les I.E.N. et les professeurs d'I.U.F.M. premier degré ; un autre après-midi a été organisé, le 28 février 1996, à l'intention des C.P.A.I.E.N., conseillers pédagogiques du premier degré. Le texte qui suit est issu de notes prises au cours de l'exposé de Roland CHARNAY. Celui-ci a participé à l'élaboration des programmes aussi bien de l'école que de sixième ; il est par ailleurs professeur d'I.U.F.M. et il connait particulièrement bien les problèmes de l'enseignement des mathématiques dans le premier degré. Son intervention s'est située dans la perspective de mise en évidence d'axes de travail possibles entre enseignants sur le thème de l'articulation école - collège, articulation qui est explicitement mentionnée à plusieurs reprises dans le nouveau programme de sixième. En introduction, quelques repères sur des ruptures entre l'école et la sixième - L'importance et la nature de l'écrit demandé et manipulé en sixième ont été pointées par Roland CHARNAY parmi les ruptures (les élèves disent : "les mots employés par le professeur sont plus compliqués", "le professeur explique plus rapidement", ...). Si cette différence traduit le passage progressif du savoir-faire vers le savoir, il importe sans aucun doute d'être attentif à cette difficulté particulière ; le programme de sixième précise, dans la rubrique "Organisation de l'enseignement" : "le vocabulaire et les notations ne doivent pas être fixés d'emblée [..] ; l'objectif est d'entraîner les élèves à mieux lire et mieux comprendre un texte mathématique et aussi à produire des textes dont la qualité est destinée à être l'objet d'une amélioration constante ... ". Dans le cadre d'une liaison entre enseignants des deux degrés, il serait pertinent d'entreprendre la comparaison d'écrits, aussi bien ceux soumis aux élèves et ceux qu'ils produisent (ce qui se produit en classe, ce qui s'écrit dans les manuels, ce qu'écrivent les élèves par exemple en traitant un exercice, ...). Pertinent aussi, à propos de la difficulté que représente pour les élèves la lecture de textes mathématiques, de travailler sur l'articulation entre la maîtrise de compétences de lecture en général et celle de connaissances en mathématiques ; en effet pour lire un texte mathématique il faut, certes, savoir lire un texte, mais aussi avoir des connaissances en mathématiques. - L'autonomie attendue des élèves n'est pas la même. Si il peut apparaître une certaine perte d'autonomie lors du passage de l'école au collège, c'est que l'enfant découvre un nouveau contrat avec les professeurs, de nouvelles habitudes à prendre, ... (ce regret d'une insuffisante autonomie, qui est exprimé parfois par les enseignants de sixième, est également exprimé par ceux de seconde, lors de l'entrée au lycée !). Roland CHARNAY a repéré un travail possible, entre enseignants des deux niveaux, sur leurs attentes à ce sujet. DANS LES PROGRAMMES Le rôle de la résolution de problèmes dans la construction des connaissances est affirmé dans tous les programmes. La nature des problèmes proposés pourrait être également un thème de travail entre enseignants dans le cadre de la liaison école-collège, permettant à chacun d'affiner la distinction entre une démarche de construction des connaissances, qui suppose à la fois complexité suffisante de la situation et vision assez large des savoirs, et une démarche d'évaluation de compétences, qui conduit à isoler des éléments de savoir. A propos des nombres entiers naturels Plan du document Roland CHARNAY a eu cette formule : "au cycle des approfondissements, faire vivre les décimaux, garder une référence constante au sens, ne pas mettre en place d'algorithme ou de procédure standard prématurés ; en sixième, avoir conscience de ce qui reste à faire et ne pas se limiter à des exercices techniques". La proportionnalité : cette notion ne figure pas explicitement au programme de sixième ; quant à la rédaction de celui du cycle des approfondissements, elle n'est pas sans poser des questions ("reconnaître une situation de proportionnalité" -il faudrait donc la connaître - "la traiter par des moyens de son choix"). Il importe, ici encore, de ne pas brûler les étapes en ce qui concerne la formalisation et la généralisation, de ne pas anticiper sur les programmes ultérieurs : on veillera, à chaque niveau, à proposer des situations qui amènent à faire fonctionner un certain outil, sans étudier l'objet en lui-même. Tant à l'école qu'en sixième, le traitement restera contextualisé ; les élèves développeront des procédures personnelles, par exemple à propos du produit de décimaux (calcul du prix de 3,5 kg comme somme de celui de 3 kg et de 500 g, moitié du kg), l'apprentissage des procédures expertes (passage à l'unité, coefficient de proportionnalité,...) se faisant à partir de la cinquième. A propos des travaux géométriques
A l'école, il s'agit d'une géométrie expérimentale, visant à favoriser, à travers les activités "reproduire, décrire, représenter, construire", la construction d'images mentales ; ces activités sont l'occasion de doter les élèves de compétences techniques dans le maniement de la règle, l'équerre et le compas, et de mettre en place un vocabulaire minimal, précis. Le travail sur les angles est très limité, et en particulier le rapporteur n'est pas utilisé. En sixième, on ne travaille pas sur des objets nouveaux ; il s'agit de stabiliser les acquis de l'école, de les hiérarchiser en vue d'une préparation à la déduction. On travaille le passage d'une lecture globale d'une figure à une lecture ponctuelle. A ce propos, il convient d'être attentif à l'introduction des lettres pour désigner des points : leur usage n'est pas introduit à l'école et les conventions qui y sont liées doivent être apprivoisées. La progressivité et la mise en cohérence des approches dans les deux degrés est un nouveau thème d'échanges lors de réunions entre enseignants. La mesure. Encore un domaine où des allègements ont été introduits à l'école : disparition de toute compétence sur les volumes (seules demeurent les compétences relatives aux capacités) et disparition de l'aire du disque. Il demeure cependant un chevauchement entre le programme du cycle des approfondissements et celui de sixième à propos des notions d'aire et de périmètre. Il apparaît qu'en 6ème, il y aurait lieu de retenir comme objectifs : retour sur la distinction entre aire et périmètre, travail conjoint sur décimaux et aire du rectangle, travail sur longueur du cercle, en tant que situation de proportionnalité. Ceci suppose qu'à l'école, on travaille pour assurer de solides compétences concernant la mesure des longueurs et des masses, pour mettre en place la notion d'aire, distinguée de celle du périmètre et limiter le travail sur les formules. Plan du document |
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