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ÉLÉMENTS DE MÉTHODE CONCERNANT

L'ÉPREUVE ÉCRITE DE FRANÇAIS AU BACCALAURÉAT

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I. LE COMMENTAIRE COMPOSÉ

II. LA DISSERTATION

III. L'ÉCRITURE D'INVENTION

 


Dans sa forme actuelle l'épreuve écrite de français s'appuie sur un ensemble de textes fournis au candidat en début d'épreuve (le corpus ). Ces textes n'ont pas été expliqués pendant l'année mais recoupent une des problématiques au programme, étudiées au travers des textes que le candidat présente à l'oral. Ces problématiques sont : le roman, la poésie, le théâtre et l'argumentation (à quoi s'ajoutent l'autobiographie et la réécriture en première L). La préparation de l'épreuve orale est donc, du même coup, une préparation à l'épreuve écrite.

Ces textes sont accompagnés d'une (ou plusieurs) question(s) d'analyse, généralement sur 4 points, que tout candidat doit traiter et qui l'amène(nt) à prendre en compte l'ensemble du corpus. Il doit la (ou les) traiter de manière synthétique afin de pouvoir se consacrer pleinement à l'un des trois sujets qui lui sont proposés (notés sur 16 points) : le commentaire composé, la dissertation ou l'écriture d'invention.

I. LE COMMENTAIRE COMPOSÉ

1) L'esprit de l'exercice

Il s'agit d'analyser l'un des textes du corpus en mettant à la fois l'accent sur ce qu'il dit (sur son sens) et sur les procédés d'écriture qu'il met en œuvre pour le dire (sur sa forme) mais en ne dissociant pas ces deux aspects. Il faut donc expliquer le texte en montrant que le choix des mots, la forme des phrases, etc. servent son sens.

L'exercice exige aussi que cette explication ne soit pas linéaire : au lieu d'expliquer la première phrase, puis la seconde et ainsi de suite jusqu'à la fin du texte, le candidat doit repérer deux ou trois grands centres d'intérêt ou « axes de lecture », par exemple deux ou trois thèmes qui se trouvent mêlés d'un bout à l'autre du texte mais que le devoir va dissocier.

2) La forme que doit adopter le devoir

Elle est très codifiée et le respect de cette forme doit être rendu apparent grâce à la présentation visuelle du devoir qui doit obligatoirement comporter :

Une introduction dont le but est triple et qui doit donc suivre ces trois étapes :

  • Fournir des éléments utiles à la compréhension du texte : présenter brièvement l'auteur, situer le texte dans une œuvre, dans une époque, dans un mouvement culturel, dans un genre littéraire, etc. (Il est par ailleurs recommandé de ne pas commencer le devoir trop abruptement par des formules comme « Ce texte » ou « Cet extrait».)
  • Présenter le texte dans sa particularité : sous quelle forme est-il écrit ? À quel registre (comique, lyrique, etc.) peut-on le rattacher ? de quoi parle-t-il ? est-ce une scène de première rencontre, un incipit, etc.
  • Annoncer les différentes parties du développement.

(L'introduction doit se présenter sous la forme d'un unique paragraphe, sans retour à la ligne, mais il faut la séparer du développement en sautant une ou plusieurs lignes.)

Un développement qui constitue le corps du devoir et qui doit répondre aux critères suivants :

  • Comporter au moins 2 parties (idéalement trois) nettement séparées par un saut de ligne, chacune de ces parties étant elle-même subdivisée en au moins deux sous-parties repérables à l'emploi de l'alinéa
  • Apparaître comme méthodique. La première phrase de chaque partie doit indiquer son contenu (en conformité avec ce qu'annonçait le plan dans l'introduction) et la dernière permettre de comprendre selon quelle logique on passe à la partie suivante. L'ensemble du développement doit apparaître comme une progression, un approfondissement. Il faut donc essayer d'aller du plus évident au plus intéressant, de l'observation à l'analyse, à l'interprétation.
  • Avoir un contenu conforme à l'esprit de l'exercice, c'est-à-dire développer des analyses précises mettant en relation ce que dit le texte (son sens) et la manière dont il le dit (son écriture). Le développement du commentaire doit donc constamment comporter de brèves citations du texte (correctement insérées) analysées grâce à des connaissances stylistiques précises (concernant le vocabulaire, la syntaxe, les figures de style, etc.).

(Le développement ne doit pas être trop bref ni trop déséquilibré, c'est-à-dire qu'il faut éviter qu'une partie soit beaucoup plus brève qu'une autre.)

Une conclusion  :

  • Elle doit apparaître comme le résultat de l'analyse constituée par le développement : il ne s'agit donc pas de répéter ce qui a été dit en introduction.
  • On peut, mais en évitant de refaire tout le développement, résumer les points essentiels du devoir en mettant l'accent sur le plus intéressant, par exemple l'originalité du texte, ce qu'il apporte à la réflexion.
  • On peut terminer en ouvrant une perspective, par exemple sur un autre texte abordant le même thème que celui qu'on vient d'étudier, soit pour souligner une ressemblance soit pour mettre en valeur une différence de traitement. (Il faut éviter de terminer par une question risquant de paraître sans rapport avec le texte étudié).

3) Quelques erreurs à éviter

  • Faire un contresens sur le texte.
  • Ne pas relever des idées essentielles (reproche de lecture superficielle).
  • Ne pas relever des procédés d'écriture importants.
  • Ne s'intéresser qu'au sens du texte sans le mettre en relation avec l'écriture.
  • Relever des procédés d'écriture sans leur donner une signification.
  • Reformuler les idées du texte sans les commenter (reproche de paraphrase).
  • Adopter une lecture linéaire.
  • Construire le devoir sur un plan peu pertinent.
  • Passer d'un aspect du texte à un autre sans transition ou sans logique.
  • Utiliser sans rigueur le vocabulaire technique de l'explication de texte.
  • Adopter un point de vue trop explicitement subjectif sur le texte (Il ne s'agit pas, par exemple, de dire si on l'aime ou non).

(On exige naturellement aussi l'emploi correct de la langue : mauvaise orthographe, mauvaise syntaxe, méconnaissance des conjugaisons, ponctuation ou accentuation négligentes, niveau de langage trop familier, etc. sont autant de défauts qui peuvent faire chuter – à des degrés divers – la note.)

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II. LA DISSERTATION

1) L'esprit de l'exercice

Le sujet de la dissertation peut être énoncé soit sous la forme d'une citation accompagnée d'une invitation à prendre position par rapport à elle (à en apprécier la validité et les limites) soit sous la forme d'une question directement posée au candidat. Dans les deux cas la réflexion demandée concernera la littérature (et non un problème de société, de morale, etc.).

En effet le sujet de dissertation est naturellement en rapport avec le corpus. Si le corpus est constitué de 4 ou 5 textes autobiographiques la dissertation invitera à une réflexion sur ce genre, par exemple : « Suffit-il de se souvenir pour écrire son autobiographie ? »

Il est demandé au candidat d'exercer son jugement, non de façon subjective ou intuitive, mais en s'appuyant sur des connaissances littéraires qui sont définies par le programme de première et qui concernent donc le biographique, la poésie, le théâtre, l'argumentation (et l'épistolaire en première L). Ces domaines ayant été étudiés dans la perspective de l'épreuve orale au travers de l'analyse précise d'une série de textes, le candidat dispose en principe d'exemples et d'une certaine familiarité avec les questions soulevées.

Outre la nécessité de s'appuyer sur des connaissances la dissertation réclame aussi une rigueur méthodique dans sa composition. Le candidat doit obligatoirement présenter sa réflexion sous une forme bien définie.

2) La forme que doit adopter le devoir

Elle est très codifiée et le respect de cette forme doit être rendu très apparent grâce à la présentation visuelle du devoir qui doit obligatoirement comporter :

Une introduction

Sa fonction est de montrer que la question soulevée a bien été comprise dans toutes ses dimensions et d'indiquer de quelle manière on compte lui apporter une réponse. On peut considérer que l'introduction d'une dissertation comporte trois phases :

  • On commence par une phrase générale concernant le genre, le thème, le mouvement littéraire ou le contexte historique (on évite ainsi de commencer immédiatement par la question posée). On pose les données de la question de telle sorte que celle-ci paraisse naturelle, légitime.
  • On pose le problème, la question à traiter, avec le maximum d'exactitude : si le sujet comporte une citation on la recopie (intégralement si elle est courte, en sélectionnant l'essentiel si elle est longue), on indique sa provenance, et on l'analyse rapidement pour faire ressortir la problématique ; si le sujet est une question directement adressée au candidat on la reprend et on la reformule pour lui donner le maximum de précision (mais en prenant garde de ne pas en limiter la portée initiale).
  • On annonce le plan du devoir, c'est-à-dire les étapes que la réflexion va emprunter pour apporter une réponse à la question posée.

(L'introduction doit se présenter sous la forme d'un unique paragraphe, sans retour à la ligne, mais il faut la séparer du développement en sautant une ou plusieurs lignes.)

Un développement qui constitue le corps du devoir et qui doit répondre aux critères suivants :

  • Comporter au moins 2 parties (ou trois, en fonction du sujet) nettement séparées par un saut de ligne, chacune de ces parties étant elles-mêmes subdivisées en au moins deux sous-parties repérables à l'emploi de l'alinéa.
  • Apparaître comme méthodique. La première phrase de chaque partie doit indiquer son contenu (en conformité avec ce qu'annonçait le plan dans l'introduction) et la dernière permettre de comprendre selon quelle logique on passe à la partie suivante.
  • Être cohérent : le devoir de dissertation équivaut au développement d'une thèse, celle à laquelle adhère le candidat, à un raisonnement. On peut s'assurer de la cohérence de la pensée en résumant le devoir en une phrase : « Certes le souvenir est nécessaire à l'écriture de l'autobiographie [première partie] mais il doit être retravaillé par l'écrivain [deuxième partie] ce qui rend parfois floue la frontière entre autobiographie et fiction romanesque [troisième partie] ».
  • Avoir un contenu conforme à l'esprit de l'exercice, c'est-à-dire développer une réflexion pertinente, approfondie, constamment étayée par des exemples précis d'œuvres littéraires. Ces exemples sont indispensables et ne doivent pas être trop allusifs : il faut fournir les informations nécessaires pour leur assurer une pleine efficacité et les analyser dans la perspective de la question posée par le sujet.

Une conclusion

  • Elle doit apparaître comme le résultat de la réflexion développée tout au long du devoir. Elle doit donc être conçue pour mettre en valeur les idées qui semblent apporter une réponse intéressante à la question initiale. Dans tous les cas il faut formuler nettement cette réponse.
  • Elle peut proposer un élargissement, c'est-à-dire indiquer dans quelle direction la réflexion pourrait se poursuivre, quelles questions restent en suspens. Mais attention : il ne faut surtout pas reposer la question du sujet (cela signifierait que le devoir a échoué à lui apporter une réponse !) ni proposer une question trop éloignée du thème qui a été traité (ce serait terminer le devoir sur un effet d'incohérence).

3) Quelques erreurs à éviter

  • Faire un hors sujet total ou partiel (c'est l'erreur la plus dommageable, pour l'éviter il convient d'analyser très attentivement chacun des termes du sujet : c'est ce travail que l'introduction doit rendre évident).
  • Développer une réflexion trop pauvre, trop limitée, qui oublie des aspects importants du problème (reproche de superficialité).
  • Développer des idées générales sans recourir à des exemples.
  • Négliger d'assurer des transitions logiques explicites entre les parties principales mais aussi entre les sous-parties (reproche d'incohérence).
  • Proposer un plan inadéquat qui va, par exemple, amener à se répéter ou conduire à des parties de longueur trop inégale.

(On exige naturellement aussi l'emploi correct de la langue : mauvaise orthographe, mauvaise syntaxe, méconnaissance des conjugaisons, ponctuation ou accentuation négligentes, niveau de langage trop familier, etc. sont autant de défauts qui peuvent faire chuter – à des degrés divers – la note.)

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III. L'ÉCRITURE D'INVENTION

1) L'esprit de l'exercice

L'écriture d'invention « permet au candidat de mettre en œuvre d'autres formes d'écriture que celle de la dissertation ou du commentaire. » indique le Bulletin officiel n° 26 du 28 juin 2001, c'est-à-dire des formes moins académiques, plus créatives. Mais cela ne signifie absolument pas que ce sujet doive être considéré comme plus facile que les deux autres car « en aucun cas on ne demande, le jour de l'examen, l'écriture de textes de pure imagination, libre et sans contrainte. »

Il s'agit au contraire d'adopter une forme d'écriture que le sujet précise pour développer une réflexion sur un thème qui, lui aussi, est précisé et qui est en relation avec le corpus. C'est pourquoi, pour ce sujet, on ne peut pas indiquer, comme pour le commentaire ou la dissertation, une forme bien définie mais plusieurs formes.

2) Les formes que peut prendre le devoir

Le Bulletin officiel n° 26 du 28 juin 2001 en propose une liste :

  • article (éditorial, article polémique, article critique – éloge ou blâme –, droit de réponse...) ;
  • lettre (correspondance avec un destinataire défini dans le libellé du sujet, lettre destinée au courrier des lecteurs, lettre ouverte, lettre fictive d'un des personnages présents dans un des textes du corpus...) ;
  • monologue délibératif, dialogue (y compris le dialogue théâtral) ;
  • discours devant une assemblée ;
  • essai ;
  • récit à visée argumentative sous forme d'une fable, d'un apologue ;

Le candidat est donc censé maîtriser les caractéristiques de ces différents types de textes et être capable de les reproduire (contrainte concernant la forme) mais toujours pour mener une réflexion sur un sujet précis (contrainte concernant le contenu).

3) Quelques erreurs à éviter

  • Utiliser la forme d'écriture que le sujet réclame mais ne pas mener la réflexion attendue (c'est l'erreur la plus dommageable, le hors sujet).
  • Mener la réflexion attendue mais sans lui faire emprunter la forme d'écriture spécifiée par le sujet, par exemple proposer un quasi monologue alors que c'est un dialogue qui est demandé : c'est une autre forme de hors sujet.
  • Rendre un travail d'écriture trop succinct, trop limité, trop peu approfondi en ce qui concerne la réflexion.
  • Rendre un travail d'écriture maladroit dans sa forme alors que ce type de sujet suppose une certaine maîtrise de chaque style d'écriture.

(On exige naturellement aussi l'emploi correct de la langue : mauvaise orthographe, mauvaise syntaxe, méconnaissance des conjugaisons, ponctuation ou accentuation négligentes, niveau de langage trop familier, etc. sont autant de défauts qui peuvent faire chuter – à des degrés divers – la note.)

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