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LA COMMUNE DE PARIS DE 1871

 

Présentation générale

Portraits de Communards et de personnages vivants à cette époque.

Les causes de la Commune.

Les principaux événements

Les fédérés

Le bilan.

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Présentation générale de la Commune de Paris

On donne le nom de Commune de Paris à deux gouvernements de la ville de Paris. La première Commune de Paris fut le gouvernement municipal de la capitale de 1789 à 1795.

La seconde Commune de Paris fut le gouvernement révolutionnaire formé lors de l'insurrection du 18 mars 1871 faisant suite à la défaite de la France, vaincue par la Prusse, et à la chute du Second Empire. Les Parisiens, soumis au siège prussien, étaient affamés, armés et coupés du gouvernement dirigé par Thiers à Versailles; ils désiraient résister à l'assiégeant et accusaient Thiers de pactiser avec l'ennemi.

Ils prirent toute une série de mesures révolutionnaires qui engangeaient la France dans la voie d'une République sociale.Une première série de mesures de caractère social concerne les loyers, les échéances et les dépôts au Mont-de-Piété. La Commune décrète la remise des termes d'octobre 1870, janvier et avril 1871, sans contrepartie pour les propriétaires. Les locaux abandonnés doivent être réquisitionnés en faveur des habitants dont les appartements ont été endommagés par les bombardements. La Commune décide, après de longues hésitations, que le remboursement des échéances commencera seulement à partir du 15 juillet 1871 et sera étalé sans intérêts sur trois ans. Les objets d'une valeur inférieure à vingt francs, déposés au Mont-de-Piété, « cette banque du pauvre », peuvent être dégagés gratuitement. Le travail de nuit des boulangeries est supprimé, ainsi que la pratique courante des amendes et retenues opérées sur les salaires par les patrons. D'autres mesures vont beaucoup plus loin : un décret constitue une commission d'enquête formée par les chambres syndicales. Celles-ci sont chargées de dresser la liste des ateliers abandonnés et de présenter un rapport qui permette de les remettre en marche par les soins d'associations coopératives des ouvriers qui y sont employés. Un jury arbitral devait établir, par la suite, l'indemnité payée aux patrons s'ils revenaient. Ce décret constituait, en fait, une expropriation du capital au. profit des coopératives ouvrières. L'Union des femmes, de son côté, suscite dans le même sens un projet d'organisation du travail des femmes, qui doit éviter le piège des ateliers charitables, tels qu'ils fonctionnèrent en 1848.

Les Communards n'eurent guère le temps d'appliquer leur programme car les Versaillais (l'armée régulière) écrasèrent l'insurrection; il s'ensuivit un véritable massacre des insurgés («semaine sanglante», du 22 au 28 mai 1871). On ne sait exactement combien d'hommes, de femmes et d'enfants furent massacrés au cours des combats ou sur l'ordre des cours martiales. On peut sans doute avancer le chiffre de trente mille victimes. À Versailles, on avait entassé plus de trente-huit mille prisonniers. On en envoya aussi dans des forts et sur des pontons. Beaucoup moururent de mauvais traitements. Pour juger les vaincus de la Commune, quatre conseils de guerre fonctionnèrent jusqu'en 1874. Il y eut 10 042 condamnations et 3 761 condamnations par contumace. Ferré, Rossel se montrèrent devant les conseils de guerre à la hauteur de leur destin. Ils furent condamnés à mort et fusillés. Le plus grand nombre fut déporté en Nouvelle-Calédonie ou en Guyane. D'autres réussirent à gagner la Belgique, la Suisse et l'Angleterre. L'amnistie, votée en 1880, ramena en France les derniers survivants.

 

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Causes  
 
1°) le peuple de Paris est sous-alimenté depuis 5 mois (consommation d'absinthe quintuplée);
 
2°) indignation de la Garde nationale devant :
a) la capitulation du gouvernement qui pourtant lui laissait ses armes ;
b) les préliminaires deThiers qui l'obligeait à livrer ses canons ;
c) la suppression de la solde des gardes nationaux (unique ressource des ouvriers mobilisés) ;
d) l'annulation du moratoire des effets de commerce et des loyers (obligeant les ouvriers sans ressources à payer brusquement leurs dettes)
 
3°) développement de la propagande révolutionnaire, grâce à l'entière liberté de la presse et des réunions
(clubs);
 
4°) Thiers est décidé à gagner en 1871 la bataille contre le peuple de Paris qu'il perdue en février 1848 ;
 
5°) Bismarck (anti-révolutionnaire) pousse à écraser un mouvement armé populaire à prétentions socialistes.
 
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FEDERES  
Effectifs : 234 bataillons (garde active 80 000 h, garde sédentaire 113 000h.)
 
délégués à la guerre :
Gustave Cluseret (1823-1900) Général de l'armée nordiste américaine;
Louis Rossel (1844-71, fusillé) ;
Charles Delescluze (1809-1871) mort au combat.
 
Chef militaires:
Jaroslaw Dombrowski (1836-1871, mort au combat) quartier maître de l'armée russe;
Gustave Flourens (1838-1871 assassiné) ;
Charles Lullier, lieutenant de vaisseau (1838-91) destitué le 25-3-871.
 
Autres personnages :
Louise Michel (1830-1905) institutrice puis combattante, déportée à Nouméa, libérée en 1880 ; Jules Vallès (1833-85) condamné à mort par contumace ;
Félix Pyat (1810-89) membre de la commission des Finances ;
Raoul Rigault (1846-71, fusillé) préfet de police ;
Prosper-Olivier Lissagaray (1838-1901) journaliste ;
Eugène Varlin (1839-71, fusillé) commissaire aux subsistances.
 
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Déroulement  
1871
Les fédérés enlèvent 26 canons aux Gobelins et les emmènent à l'école des Frères à la Maison-Blanche ; la loi sur les échéances, promulguée à Bordeaux, rapproche les commerçants de la Commune. Soulèvement à Paris ;
40 000 h de l'armée de Paris sont chargés de récupérer les 417 canons que détient la Garde Nationale. A Montmartre le Général Lecomte attend 800 chevaux pour emmener 171canons ;
après 4 h d'attente, ses hommes se laissent endoctriner par des révoltés. Les Généraux Lecomte et Clément Thomas sont exécutés par les Fédérés ;
Thiers gagne Versailles; le comité central siège à de ville ; élection d'un conseil municipal (90 m, dont 71 révolutionnaires) qui prend le nom de Commune ;
les Fédérés attaquent vers Versailles mais sont arrêtés par le canon du Mt Valérien ;
le Général Emile Duval né en 1840 pris et fusillé avec son chef d'état-major ; les Versaillais attaquent Neuilly, prennent Courbevoie et Châtillon ;
prise de 74 otages par les communards (dont l'archevêque de Paris Mgr Darboy) ; institution d'un comité de salut public ;
70 000 versaillais entrent à Paris par le bastion du Point-du-jour, dégarni ; "semaine sanglante" : Paris conquis rue par rue ;
incendie : Hôtel de ville, Quai d'Orsay, Tuileries, légion d'honneur, Cour des comptes, Palais de Justice, Bibliothèque du Louvre ;
424 fédérés prisonniers fusillés au parc Monceau et à Montmartre ;
rue Haxo, 52 otages (dont 11 prêtres, 35 gardes ou gendarmes, 3 mouchards) tués par insurgés (1er tué : l'abbé Planchat et une jeune fille) ;
prise du Père Lachaise ; chute de la dernière barricade, rue Ramponeau.
 
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BILAN  
 
Massacrés par les fédérés : 484 dont 66 otages. 
Pertes militaires : 877 morts, 266 disparus, 6454 blessés.
Répression : 400 000 dénonciations écrites.
 
Pertesdes insurgées : 200000. Fédérés prisonniers plus de 40000, condamnés 10137; déportation dans une
enceinte fortifiée : 1169; réclusions : 1247 ; 
emprisonnements : 3354 ; 
acquittés : 2445 ; 
non lieux : 22727.
 
 
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CONSEQUENCES  
- Paris doté d'un régime Municipal spécial (pas de maire avant 1977)
 
- Les parisiens sont considérés (jusqu'en 1914) par les provinciaux comme de dangereux anarchistes (état de siège maintenu jusqu'en 1876, avec autorisation préalable pour les journaux, censure des théâtres, couvre-feu pour cafés et restaurant)
 
- l'artisanat parisien est décimé (50% des peintres, plombiers, couvreurs, cordonniers)
 
- la propagande officielle a interdit toute apologie de la Commune jusqu'à la 1re Guerre mondiale.
 
Depuis 1917 les révolutionnaires étrangers ont exalté son souvenir (notamment la "commune hongroise" de 1927).
 

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