La faute à qui ? Peut on dire toute la vérité ?
Le
cauchemar de Darwin de Hubert Sauper
Grand Prix du Meilleur film au Festival de Copenhague, Prix du
Meilleur documentaire au Festival de Montréal,
Prix Europa Cinémas à la Mostra de Venise et Grand Prix Documentaire
au Festival du film de l'environnement de Paris.
Documentaire sur la mondialisation déshumanisée ou fiction mensongère
et manipulation ?
Il était une fois à Mwanza, Tanzanie, sur
le bord du Lac Victoria, un lepidos barbus bynni, plus connu sous le
nom de carpe du Nil), décida volontairement ou pas de s'installer dans
les eaux accueillantes et poissonneuses du second plus grand lac d'eau douce
de la planète bleue...
Ce qui aurait pu être un banal épisode de l' histoire Nord-Sud
devint un cauchemar, et pas seulement pour Darwin !
Le documentaire d'abord classique et anodin passe progressivement
à la tragédie dantesque, dont l'apogée se situe dans la
scène (qui rappele l'enfer !),
des carcasses rongées par les asticots qui s'attaquent également
aux pieds de l'employée attachée à cette tâche...
Plus encore que les documentaires engagés de Michael Moore, Sauper dresse
un constat sévère et impitoyable des effets pervers de la mondialisation.
La richesse d'exploitation est profonde et transdisciplinaire.
En biologie: on ne peut introduire dans un milieu naturel
riche et diversifié comme l'était la région des Grands
Lacs africains, là même où en 1974 apparue Lucy, une nouvelle
espèce sans en avoir étudié toutes les conséquences;
l'exemple australien aurait dû suffire !
En économie : comment introduire un secteur moderne dans
une économie traditionnelle sans risquer de la déstabiliser avec
une logistique ultramoderne ?
Que va t-il se passer avec la saturation des marchés occidentaux ?
En géographie : l'exode des jeunes hommes quittant leur
village pour se consacrer à la pêche au bord du lac (y compris
le directeur d'école !) avec des techniques ancestrales est il une bonne
chose ?
Quel rôle l'Europe a t-elle joué dans ces mutations ?
Pour tous : alors que la famine n'a pas disparu du Continent
africain, les beaux filets s'envolent à bord d'Iliouchines 76 géants
réfrigérés, les abats séchés au soleil, puis
fumés sont revendus sur les marchés locaux dont les porteurs du
VIH sont exclus.
Pas très loin, en Ouganda autour des grands lacs, et au Kenya, les communautés
de pêcheurs à leur tour par la "slim desease".
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Polémique Selon François Garçon (Les Temps Modernes), le film ne serait qu'une mystification ! Affaire à suivre.. Devenu médiatique, le second Darwin, comme le premier succite de nombreux débats.. S'agit il d'une fiction ou d'un documentaire sur la dérive du nouvel ordre économique mondial? Tout change, en apparence seulement, car le problème de l'aide au développement et de ses effets pervers demeure... Qu'importe donc la vérité si la cause est juste, ou plus classiquement "la fin justifie t-elle les moyens ?" |