[dictionnaire, page 1]

Narcisse

Un fort beau jeune homme
Le fleuve béotien Céphise, et la nymphe Léiriopé eurent un fils qu’ils nommèrent Narcisse (Narkissos). Un oracle du devin Tirésias, ayant annoncé que l’enfant vivrait vieux s’il ne prenait pas connaissance de lui, Narcisse fut élevé dans l’ignorance de son image.
À seize ans, Narcisse, qui était d’une grande beauté, fut désiré par nombre de jeunes filles et de jeunes hommes, mais il restait insensible à l’amour. La nymphe Écho en mourut à l’exception de sa voix qui répercute toujours les sons et les paroles à travers les forêts.

 [louvre.edu], texte de Françoise Le Douaron

[dictionnaire, page 2]

Narcisse

Un étrange amour
Une des victimes de Narcisse formula le vœu qu’à son tour Narcisse aime, mais qu’il ne puisse jamais posséder l’objet de son amour. Némésis, la déesse de la vengeance, exauça ce vœu.
Un jour de grande chaleur, Narcisse, fatigué par la chasse, vint s’étendre près d’une source dans un endroit reculé de la forêt, là même où la nymphe Écho s’était réfugiée. Tandis qu’il tentait de se désaltérer, Narcisse découvrit dans l’eau l’image d’un visage inconnu. Séduit par la beauté de l’inconnu, il en tomba éperdument amoureux.

 [louvre.edu], texte de Françoise Le Douaron

[dictionnaire, page 3]

Narcisse

Une passion fatale
Désormais insensible au monde, Narcisse fut d’abord plongé dans le ravissement. Puis l’amour se fit cruel puisque les « deux amants », malgré leur désir mutuel, ne pouvaient se rejoindre. C’est alors que Narcisse comprit qu’il brûlait d’amour pour sa propre image. Consumé par son impossible amour, il dépérit peu à peu et mourut sous les yeux de la nymphe Écho, réclamant seulement de ne jamais cesser de contempler ce qu’il ne pouvait posséder.
Ses sœurs les Naïades et les Dryades le pleurèrent. Or, au moment d’accomplir les rites funéraires, le corps de Narcisse avait disparu. À la place où reposait sa dépouille, une fleur jaune safran dont le cœur était entouré de feuilles blanches, avait pris naissance, ho narkissos, le narcisse. [Ovide, les Métamorphoses, III. 339-510].

 [louvre.edu], texte de Françoise Le Douaron

[dictionnaire, page 4]

Narcisse

L’origine du narcisse
La littérature antique renferme plusieurs légendes autour de la figure de Narcisse, dont le nom est aussi celui d’une fleur de la famille des liliacées, ho narkissos, le narcisse.
La plus célèbre de ces légendes est celle qui figure au livre III des Métamorphoses d’Ovide. La légende rapportée par Ovide, dont on ne connaît aucune version antérieure, a peut-être sa source dans la littérature alexandrine. Réinterprété dès la fin de l’Antiquité, connu de tous, le texte d’Ovide inspira de nombreux artistes.

 [louvre.edu], texte de Françoise Le Douaron

[dictionnaire, page 5]

Narcisse

Les légendes de Narcisse
Une obscure tradition rapporte que Narcisse, originaire d’Eubée, aurait été tué par un certain Épops et que, de son sang, serait née la fleur qui porte son nom.
Pausanias rapporte que Narcisse avait une sœur jumelle qui lui ressemblait trait pour trait. La jeune fille mourut, laissant Narcisse inconsolable. Voyant un jour son visage dans une source, Narcisse crut retrouver sa sœur chérie. Aussi, pour apaiser sa douleur, prit-il l’habitude de se mirer dans l’eau des sources.
Une légende béotienne dit que Narcisse habitait la ville de Thespies en Béotie. D’une grande beauté, il était aimé sans retour par le jeune Améinias qui se suicida avec l’épée que Narcisse lui avait envoyée. En mourant Améinias appela sur Narcisse la malédiction divine.
S’étant vu dans une source, Narcisse tomba amoureux de lui-même et, désespéré de ne pas pouvoir satisfaire sa passion, se suicida. À l’endroit où l’herbe avait été imprégnée de son sang, naquit la fleur qui porte son nom.

 [louvre.edu], texte de Françoise Le Douaron

[image d'une oeuvre]



Nicolas Poussin
Écho et Narcisse
vers 1650
huile sur toile
74 cm x 100 cm

 [louvre.edu], photo Erich Lessing

[détail d'une oeuvre]



Nicolas Poussin
Écho et Narcisse
vers 1650
huile sur toile
74 cm x 100 cm

 [louvre.edu], photo Erich Lessing

[détail d'une oeuvre]



Nicolas Poussin
Écho et Narcisse
vers 1650
huile sur toile
74 cm x 100 cm

 [louvre.edu], photo Erich Lessing

[détail d'une oeuvre]



Nicolas Poussin
Écho et Narcisse
vers 1650
huile sur toile
74 cm x 100 cm

 [louvre.edu], photo Erich Lessing

[détail d'une oeuvre]



Nicolas Poussin
Écho et Narcisse
vers 1650
huile sur toile
74 cm x 100 cm

 [louvre.edu], photo Erich Lessing

[détail d'une oeuvre]



Nicolas Poussin
Écho et Narcisse
vers 1650
huile sur toile
74 cm x 100 cm

 [louvre.edu], photo Erich Lessing

[notice, page 1]

Nicolas Poussin
Écho et Narcisse
vers 1650

La mort et le renouveau
Le thème donne à voir que la mort et le renouveau sont intimement liés. La nymphe Écho, qui avait importuné Héra par ses bavardages, fut condamnée « à avoir le dernier mot sans jamais pouvoir parler la première ». Amoureuse de Narcisse, Écho ne parvint qu’à répéter son propre nom, ce qui lassa le jeune homme. Elle tomba alors dans une profonde prostration et maigrit tant que seule sa voix demeura, faisant écho dans les montagnes. Narcisse fut puni pour son indifférence à l’amour d’Écho par la déesse Némésis. Voulant se désaltérer dans une fontaine, Narcisse y découvre sa propre image, dont il tombe éperdument amoureux. Ne voulant plus quitter son image, il meurt en se métamorphosant en la fleur qui porte son nom.

 [louvre.edu], texte de Vincent Pomarède

[notice, page 2]

Nicolas Poussin
Écho et Narcisse
vers 1650

Une double consomption
Cette légende mythologique inspira un des plus beaux textes des Métamorphoses d’Ovide (III, 339-510) dont Poussin semble s’être particulièrement inspiré. À l’avant-plan, Narcisse, sans espoir, meurt, allongé, prétexte à un morceau d’anatomie masculine exceptionnel. Écho, quant à elle, se teinte de grisâtre et commence à perdre les frontières de son corps : elle devient pierre.

 [louvre.edu], texte de Vincent Pomarède

[notice, page 3]

Nicolas Poussin
Écho et Narcisse
vers 1650

Collection de Louis  XIV
Sans doute passée par la collection d’un cardinal italien collectionneur, Angelo Giori (1586-1662), puis héritée par son neveu, l’œuvre fut vendue à Louis XIV en 1682 par le marchand Alvarez. Demeuré dans les collections royales durant tout le XVIIIe siècle, le tableau entra en 1793 au Muséum central des arts de la République, le futur musée du Louvre.

 [louvre.edu], texte de Vincent Pomarède