Solidarités et réussites Académie de Créteil
Quelques précisions peuvent être utiles au sujet de l’apprentissage de l’hymne national et de son histoire, sachant que ce travail sera prolongé par une documentation de même nature sur l’hymne européen pour début septembre.
Sans reprendre la Constitution de la Ve République qui institue les symboles de la République (article 2) et en fait donc un « socle commun » partagé par tous les citoyens, rappelons simplement que cet apprentissage est prévu explicitement par la loi (Articles 2 et 26 de la loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’École – loi 2005-380 du 23-04-2005).
L’on pourra également se reporter au Code de l’Éducation (Articles L. 321-3 et L. 111-1 cités dans la partie suivante, La Marseillaise dans les textes).
Une rapide analyse des programmes d’enseignement montre que, sans remonter à 1923, les programmes précédents prévoyaient explicitement cet apprentissage. Si les programmes des années 79-80 étaient discrets sur les contenus d’apprentissage (démarches d’éveil), ceux de 1985 étaient, en revanche, particulièrement précis.
Programmes de 1985
Les programmes de 1995 s'inscrivaient dans une parfaite continuité, avec des apprentissages clairement attendus :
Si les programmes de 2002 n’ont pas repris explicitement cette entrée en mettant davantage l’accent sur l’aspect transversal de l’éducation civique et en prévoyant des débats relatifs au « vivre ensemble », cela ne doit pas nous faire oublier que la connaissance de la République française, de ses valeurs et de son histoire, constituent depuis toujours une mission fondamentale de l’École de la République.
Comme l’indiquaient en effet les programmes de 2002, l’École doit contribuer à la constitution d’une culture commune permettant de vivre ensemble. L’hymne national, le drapeau et la devise de la République constituent, à l’évidence, les fondements mêmes de cette culture commune, présents explicitement dans le socle commun (pilier 6- paragraphe B : « Se préparer à sa vie de citoyen ») :
« …l’élève devra connaître […] les symboles de la République et leur signification (drapeau, devise, hymne national) ».
Enseigner l'hymne national est indissociable de l'enseignement de son histoire pour comprendre que ce chant est d'abord un hymne à la République et à la liberté. Repoussé par l'Empire, puis la Restauration, ce chant est fondamentalement un chant de défense de la République et de ses valeurs. C'est d'ailleurs ce message que les insurgés de la place Tien An Men ont retenu en chantant La Marseillaise, comme symbole de leur désir de liberté, au plus fort des événements du printemps 1989.On pourra également se reporter à l'analyse littéraire proposée dans ce document pour apprécier comment ce chant, composé en temps de guerre, s'achève sur une note d'espoir dans le dernier couplet dit « des enfants ».
Enfin c'est justement pour éviter un apprentissage décontextualisé, et donc porteur de contresens et d'interprétations erronées, que les programmes insistent sur l'inscription de cet hymne dans son contexte historique.
Enseigner l'hymne national et son histoire est nécessaire à l'appropriation par les élèves de l'histoire de France. Contribuer à donner du sens aux dates des fêtes légales, assurer une présence aux cérémonies du souvenir faisaient et font encore partie de la culture d'une École étroitement intégrée au tissu local et participant pleinement à l'animation et à la vie des villages et des cantons. Il aura fallu le développement urbain pour que cette coutume s'estompe quelque peu.
À un moment où la question des valeurs est présente dans le débat public, rappelons que l'éducation civique n'est pas une « option », une fois acquises les connaissances de base. Bien au contraire, cette éducation fait partie des priorités de l'école primaire, au même titre que la transmission des apprentissages (voir ci-dessus) et fera l'objet d'une réflexion afin d'élaborer un projet éducatif pour toute l'académie.