Solidarités et réussites Académie de Créteil
La rentrée 2007 a été l’occasion pour Monsieur Xavier Darcos, Ministre de l'Éducation nationale, de mettre en place un vaste projet gouvernemental d’accompagnement éducatif qui permet de proposer du soutien scolaire ainsi que des activités culturelles, sportives et artistiques dans l'ensemble des collèges de l'éducation prioritaire. Dans cette perspective, c’est une enveloppe budgétaire de 140 millions d’euros qui a été dévolue à ce vaste chantier, auxquels viennent s’ajouter 4,5 millions supplémentaires dédiés spécifiquement aux projets liés à la culture et au sport. Pour cette année scolaire, 16800 élèves et 1000 enseignants sont concernés par ce dispositif, qui est relié à tous les autres programmes du nouveau projet académique quadriennal, et notamment le socle commun de connaissances et de compétences. Néanmoins, ce dispositif concernera à terme l’ensemble des élèves du primaire et du secondaire de France.
Le jeudi 8 novembre 2007, Monsieur Darcos s’est rendu au collège Jules Ferry de Maisons-Alfort (94), en présence de M. le recteur Jean-Michel Blanquer et de son équipe, où il a visité les ateliers « soutien scolaire », « TICE » et « découverte de la bibliothèque » mis en place dans cet établissement au titre de l’accompagnement éducatif. Dans le cadre de l'élaboration du Projet Académique, plus de 250 personnes (chefs d'établissement, enseignants, ATOSS, partenaires, conseillers d'orientation, élèves et parents d'élèves) réparties sur quatre sites (dont le collège Jules Ferry) ont participé simultanément à la visioconférence consacrée à ce sujet.
Monsieur Darcos est intervenu après un débat sur le thème : « En quoi l'accompagnement éducatif favorise-t-il le projet global de l'élève? ». Ce temps fort de la vie académique a été l’occasion de dresser le bilan de la mise en place de l’accompagnement éducatif et de permettre au Ministre de s’exprimer sur cette grande priorité de son action.
M. Xavier Darcos, ministre de l'Education nationale (à droite) et M. Jean-Michel Blanquer, recteur de l'académie.
La mise en place de l’accompagnement éducatif constitue une véritable coupure dans l’espace et le temps. Les enseignants travaillent avec les élèves dans un lieu spécifique et dans des plages horaires aménagées pour les aider à s’approprier les connaissances et les savoir-faire dans le cadre d'une relation privilégiée. C’est d’ailleurs là l’un des points auxquels les élèves sont le plus sensibles : le professeur s’asseoit avec l’élève, une relation s’installe qui n’a rien à voir avec celle qu’ils connaissent, et ils y sont particulièrement sensibles.
M. Darcos visite les ateliers du dispositif d'accompagnement éducatif au collège Jules Ferry.
L’accompagnement éducatif est aussi un levier extrêmement important pour la relation de l’école avec les familles. Il est indispensable de faire une place aux familles, d’où qu’elles viennent, au sens propre et au sens figuré. L’implication des familles est, selon le recteur Jean-Michel Blanquer, « une clé de la personnalisation » de l’éducation. L’accompagnement éducatif est pour lui un « partenariat » entre la famille et le monde de l’école, et le temps passé à rencontrer les familles est autant de temps gagné par la suite. En palliant le manque d’accompagnement de l’élève par les parents — souvent dû à des problèmes de temps ou de niveau d’études insuffisant — le dispositif permet à la famille de reprendre confiance dans l'école, dans sa capacité à faire réussir l’enfant.
La question de la cohérence entre les différents dispositifs d’accompagnement et de soutien s’est posée :
devant la multiplication de l’offre, tant au sein de l’école qu’à l’extérieur, la question du « Qui fait quoi ? » peut devenir un casse-tête pour les familles et les élèves. Le risque de chevauchement entre les différents dispositifs est réel, et il importe de clarifier, d’expliciter l’accompagnement éducatif auprès des élèves et des familles. Il ne faudrait pas, par exemple, qu’ils confondent cet accompagnement avec un simple soutien scolaire tel que celui que dispenserait un professeur particulier dans un but de remédiation.
Ce dont on parle ici, c’est de mettre en place le « temps de l’appropriation », au travers d’enseignants qui sont déjà dans l’établissement et peuvent assurer efficacement la transition entre le contenu des heures de cours et le travail individuel avec l’élève. On ne s’improvise pas éducateur, et les bonnes volontés ne suffisent pas toujours. ; la question de ce que le ministre a appelé la « professionnalité » de l’enseignant est donc essentielle.
Mme Ballanfat, chargée de mission sur le soutien scolaire (ci-dessus à droite). Certains parents ont participé activement aux échanges (ci-dessous à gauche).
Un autre danger serait que les familles confondent cet accompagnement avec une garderie ; or c’est justement quand la famille comprend qu’elle confie l’enfant à un dispositif d’aide à la réussite que celui-ci a toutes ses chances de fonctionner, car alors l’élève le perçoit aussi comme tel. Comme le souligne Raphaël, un lycéen des Lilas qui exprime d’ailleurs fort bien ses attentes du dispositif, la clé de sa réussite sera de redonner aux élèves la satisfaction de ce qu’ils font — le recteur Blanquer a parlé « d’auto-estime » des élèves. Raphaël ajoute qu’au lieu de deux heures de travail chez soi dans un environnement peu ou pas propice au travail et à la concentration, il vaut mieux une heure de travail au lycée dans ce que le recteur appelle « « une ambiance de travail constructive de coopération ».
Pour bien expliciter la nature du dispositif qui est mis en place, M. Blanquer a évoqué l’utilité d’un guide méthodologique de l’accompagnement éducatif, mais il a également insisté sur la maîtrise du français comme une condition préalable au succès de celui-ci : « une question de fond presque méthodologique, et pas seulement en [cours de] français ». L’importance de l’équipe de vie scolaire dans la réussite du dispositif a aussi été évoquée par l’un des groupes de travail, de par son rôle facilitateur dans l’organisation horaire, l’attribution des salles, des équipements spécifiques, le suivi des élèves...
Si l’accompagnement éducatif est constitué pour 75% d’aide aux devoirs et de soutien scolaire, les 25% restants ont pour vocation de développer les activités culturelles et sportives. A ce titre, la nécessité d’établir des partenariats locaux pour faciliter la mise en place d’ateliers sportifs ou culturels a été soulignée par plusieurs intervenants.
Le goût du savoir se nourrit nécessairement du goût d’apprendre — or la difficulté à faire participer certains des élèves qui en auraient le plus besoin, notamment, est réelle — mais dans tous les cas, le centrage sur les centres d’intérêt de l’élève est un gage de réussite. Il est également crucial d’utiliser tous les outils disponibles, notamment les nouvelles technologies, afin de compléter l’offre de programmes de soutien tels que les PPRE, par exemple.
L’un des volets intéressants de l’accompagnement scolaire actuellement mis en place est qu’il a aussi pour vocation de conduire les bons élèves à devenir « très bons », avec la mise en place de « pôles d’excellence ». On a souvent tendance, en effet, à associer « accompagnement éducatif » avec « éducation prioritaire ». Or comme le dit une enseignante, il faut aussi « proposer des ateliers d’excellence aux élèves sans problèmes ». Cela se traduit notamment par une valorisation de la dimension culturelle des différents enseignements.
Comme l’a souligné M. Darcos lui-même, il ne s’agit pas de dire que tout va pour le mieux, et plusieurs intervenants ont d’ailleurs souligné quelques problématiques importantes et souvent « terre à terre » telles que l’insuffisance des installations sportives, la complication que représente l’entretien des locaux du fait de l’occupation accrue des salles, le coût accru que cette occupation représente (chauffage, électricité, achat de matériel), surtout pour les petits établissements, ou encore la difficulté qu’il y a à obtenir des familles certificats médicaux et attestations d’assurance scolaire. L’accompagnement scolaire n’est donc pas la panacée, mais il représente une avancée réelle, concrète et immédiate dans le bon sens. Le recteur Blanquer le résumait en ces termes « Jouer le jeu », même si tout n’est pas parfait.
Constituant une aide multiple et diversifiée, l’accompagnement éducatif s’attaque à plusieurs objets à la fois : soutien scolaire, mais aussi des domaines auxquels l’élève n’aurait normalement pas accès, tels que le domaine artistique et culturel, mais aussi la vie de l’entreprise (via des stages en situation) et la vie professionnelle au sens large
(comme dans le cadre d’un atelier d’anglais qui a été évoqué). L’école accomplira vraiment sa mission si, par-delà tous les enseignements théoriques, elle permet d’accéder à ce qu’une élève a décrit, en écho à Arthur Rimbaud, « la vraie vie ».
Au final, quand il s’agit de mettre en œuvre l’accompagnement éducatif, la question de repérer les bons indicateurs, de savoir comment les mesurer se pose. Pour le recteur Blanquer, le mot clé est « personnalisation des parcours ». L’individualisation doit « tenir compte de la personnalité de chacun ». L’évolution des méthodes de travail, le changement d’ambiance, de perception de l’enseignant lors de ces heures de parcours individualisé, l’impact que ces heures auront sur le temps de l’élève et l’organisation de la classe… tout ceci ne doit pas inscrire le soutien dans la durée ou le rendre systématique, mais contribuer au contraire à « construire l’autonomie » de l’élève, particulièrement au lycée, comme l’a souligné très justement M. Burleraux, proviseur du lycée Eugène Delacroix de Maisons-Alfort (photo ci-contre).
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Le ministre et les élèves présentent le t-shirt de l'opération "L'Europe à l'école" (à gauche) tandis que l'équipe "Cartable en ligne" arbore fièrement les polos spécialement réalisés pour l'opération (à droite).
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