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Comment parler du corps aux élèves ?

Les conférences et débats sont destinés à tous les personnels de l’Éducation nationale. Entrée libre.

Conférence inaugurale le mercredi  20 janvier 2010

Anne Fagot-Largeault

Anne Fagot-Largeault

Comment parler des cellules souches et des thérapies régénératives ?

Professeure au Collège de France

Anne Fagot-Largeault a été nommée au Collège de France en mai 2000. De 1998 à 2000, elle était membre de l’Institut universitaire de France et professeur à l’université de Paris 1 (Philosophie). Psychiatre, attachée à l’Assistance publique, elle a travaillé à l’hôpital Henri Mondor de Créteil.
Anne Fagot Largeault est membre du Conseil national des universités (CNU section 72, épistémologie), de l’Institut international de philosophie, du Comité national d’histoire et de philosophie des sciences. Elle a également été présidente de la European Society for the Philosophy of Medecine and Health Care, de 1993 à 1995, et à ce titre responsable du congrès mondial "Médecine et philosophie", à Paris, en 1994.

En janvier 2010, dans l’introduction de Médecine et Philosophie, Anne Fagot-Largeault notait :

« La médecine, dira-t-on, n’est pas une science, c’est une pratique ; oui, mais c’est aussi une pratique de recherche. Il y a des sciences médicales, et des technologies médicales. », p.1.

et elle ajoutait :

« Admettre que la nature n’est pas bien faite, qu’elle n’est pas toute bonne, est un choix métaphysique lourd, d’autant qu’il se complète d’un défi prométhéen : l’homme peut faire mieux que la nature. Qu’est-il cet homme qui prétend redresser la nature à son profit et instrumentalise des populations de vivants (souris, cobayes) au service de la recherche biomé­dicale (égoïsme d’espèce), pour mettre au point de nouveaux traitements ? Par quelles étapes devient-il la personne dont la dignité fonde les "droits de l’homme" ? Qu’est-ce qui fait la valeur d’une vie humaine (quantité, qualité) ? », p.3.

De plus :

« Si on approuve la volonté de remédier aux maux dont les humains sont affligés, et si cela implique une rébellion contre le cours naturel des choses, il convient de se donner les moyens de cette rébellion – à savoir une science capable de détecter les stratégies naturelles nocives ou pathologiques (liens causals), et d’imaginer des moyens pour les prévenir ou les contrer. Sciences ou technologies médicales ont ici au moins deux difficultés à négocier : d’une part, repérer l’élément pathologique (ce qu’il faut supprimer ou corriger) et définir le normal (ce qu’il faut viser à atteindre); d’autre part, prouver que le résultat atteint est supérieur à ce que fait la nature. Le second point est particulièrement sensible, parce que la nostalgie demeure, chez beaucoup de nos contem­porains, d’une nature idyllique, sagement autorégulée, où l’initiative humaine serait sources de dérèglements catastro­phiques. L’évolution biologique nous apprend au contraire une nature tâtonnante, accessible à notre ingénierie. », p.3.

Mercredi 27 janvier 2010

Sabine Meier

Sabine Meier

Le modèle et l’obstacle : photographie d’un corps

Plasticienne et photographe

JEAN-YVES MOIRIN

La question du corps dans l’enseignement des arts plastiques

Inspecteur général d’arts plastiques

Mercredi  3 février 2010

Brigitte Tastet  et  Hélène Romano

Corps sain, malade, meurtri : quelle approche et quels enjeux pour l’enfant scolarisé ?

Brigitte Tastet Hélène Romano
Brigitte Tastet

Responsable du Service médical du rectorat de Créteil
Hélène Romano

Psychologue clinicienne, psychothérapeute, travaille au  SAMU 94, au sein de la Cellule d’urgence médico-psychologique

Dans son ouvrage Enfants maltraités, en août 2009, Hélène Romano soulignait :

« En dépit d’indéniables avancées, la reconnaissance de la réalité des actes maltraitants peine encore aujourd’hui face à des situations peu évidentes, car ne correspondant pas aux critères habituellement relevés (…). La maltraitance expulse ces petites victimes hors du champ de l’enfance et les déporte sur une rive où la douleur, la frayeur et la perte totale de repères et de confiance en l’autre font loi. Comment retourner sur l’autre rive, celle de la vie, celle de l’enfance ? », p.12.
[Certes] « Il existe déjà de multiples ouvrages consacrés à la maltraitance, mais celui-ci s’attache tout particulièrement à la prise en compte clinique du traumatisme, de la réalité de la souffrance traumatique encore méconnue et de ses réper­cussions, tant sur l’enfant que sur les adultes intervenants auprès de lui. », p.12.

Elle indiquait également :

« La notion d’enfant maltraité ressurgit progressivement après la seconde guerre mondiale par le biais du discours médical et social (…), [notamment] grâce aux recherches psychoso­ciales, et aux mouvements féministes (…). Progressivement, un système de protection de l’enfance va se mettre en place, s’accompagnant d’une législation spécifique, de la création de structures et de nouvelles recommandations de pratiques professionnelles, dont la loi de mars 2007 en est l’étape la plus récente. », p.17.

Mercredi  10 février 2010

Emmanuelle Sinardet

Le Corps (ré)éduqué : l’école de l’Indien. L’exemple de l’Équateur.

Professeure de littérature et de civilisation, université Paris-Ouest Nanterre

Mercredi  17 février 2010

Philippe Beaufils

Philippe Beaufils  et  Hélène Allaguy-Salachy

La prévention du tabagisme juvénile

Philippe Beaufils est cardiologue à l’hôpital Lariboisière et Hélène Allaguy-Salachy, tabacologue de l’hôpital Lariboi­sière.

Mercredi 10 mars 2010

Catherine Couanet

Le corps sensible de l’image

Professeure d’arts plastiques des Ateliers d’Art de la Maison de Solenn - Maison des adolescents, Cochin - Paris

Mercredi 17 mars 2010

Paul Alart  et  Christophe Paradinas

Plaisir du corps, plaisir du sport : le rugby !

Paul Alart Christophe Paradinas
Paul Alart : directeur des sports de l’université Paris Descartes Christophe Paradinas : président de l’AS et responsable du Rugby université Paris-Descartes
Joueur à Orléans de 1972 à 1985,
puis au PUC (1re division) de 1985 à 1996
Champion de France universitaire 1987 et 1988
Sélectionné en Équipe de France universitaire
Entraîneur universitaire Sciences-Po, ENA, Paris 5
Et clubs : Boston, San Francisco, Viry-Châtillon, PUC

Mercredi 24 mars 2010

Sylvie Quesemand-Zucca

Comment parler du plaisir d’être et d’exister ?

Psychiatre et psychanalyste

Analysant les processus de désocialisation, Sylvie Quesemand-Zucca notait dans son ouvrage de 2007, Je vous salis ma rue, dans un chapitre consacré aux jeunes sans abri :

« Égarés d’un moment, adolescents fuyant leur famille, (…) ils appellent le 115. Où dormir ? Où se laver ? (…). Derrière ces questions répétitives, il en est une, jamais posée explicitement mais parfaitement présente : "Comment s’y prendre pour vivre ?" (…). Ils ont commencé, ici et là, des stages de formation, puis sont partis, ils passent d’une structure d’aide sociale à une autre dans un turn-over incessant, avant de rejoindre un squat, ou de retourner dehors. », p.37.

« Le personnel qui s’occupe d’eux, soumis à ces variations d’humeurs permanentes, à ces mouvements, à ces violences, est exténué. Cet épuisement évoque celui des enseignants travaillant dans des collèges et des écoles de zones "difficiles", qui me racontent une même agitation chez des enfants de plus en plus jeunes; une même difficulté à enregistrer des codes sociaux élémentaires, un même jeu avec la violence, la provocation, les insultes; une même impossibilité à déchiffrer le sens d’une phrase.
Au fond ce sont des questions semblables que posent travailleurs du secteur social et enseignants, dont la belle énergie vient buter sur un même roc : Que se passe-t-il ? Pourquoi cette difficulté à apprendre ici, à se poser là ? Que signifie cette inflation d’enfants et de jeunes diagnostiqués, tous milieux sociaux confondus, "hyperactifs" ? », p.44.

Cartouche : MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION NATIONALE, DE LA JEUNESSE ET DE LA VIE ASSOCIATIVE - MINISTÈRE DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ET DE LA RECHERCHE