Photo: Collège Braque   Le projet de ce site

Page d'accueil

Le collège

Georges Braque

Neuilly-sur-Marne

Activités du collège

Travaux d'élèves

Le Réseau d'Education
Prioritaire

 Le Projet de ce site
Contact Collège Georges Braque



 

 

 


Projet de réalisation du site web de l'établissement par les élèves

Le projet ayant conduit à  la réalisation de ce site a fait l'objet d'un suivi de la Mission Académique Innovations et Valorisation des Réussites. Cette action s'est inscrite sur l'axe "Incidences de l'utilisation des nouvelles technologies sur les pratiques pédagogiques en liaison avec la rénovation des collèges".

Les deux enseignantes à l'initiative de ce projet, Marie-Noëlle Cormenier, documentaliste et Myriam Maïssa, professeur de lettres ont rédigé à la demande de la mission académique un compte rendu de l'action menée. Nous vous proposons ici ce compte rendu.

I Description de l'action

II Le contexte

III Objectifs pédagogiques

IV Démarches choisies

V Regard sur l'action

 

VI Evaluation de l'action

VII Perspectives

VIII Transfert/diffusion

IX Conclusion : L’apport de ce projet aux disciplines

X Annexes

I Description de l'action

Les élèves d’une classe de sixième, en 1997-1998, encadrés par leur professeur de français et la documentaliste, réalisent le site web de leur établissement, le collège Georges Braque à Neuilly-sur-Marne, en Seine-Saint-Denis. L’année suivante une classe de quatrième, encadrée par la même équipe pédagogique  participe à la mise à jour du site, et à son développement.

II Le contexte

Le collège est situé en région parisienne, dans le département de la Seine-Saint-Denis. Il est classé en zone d’éducation prioritaire. L’effectif du collège, qui est cette année, en 1998-1999, de 620 élèves, décroît depuis trois ans. A la rentrée 1995-1996, il était de 690 élèves, il ne sera plus que de 580 élèves à la rentrée prochaine. Or, cette baisse est moins la conséquence d’une baisse démographique, que celle d’une inscription importante des élèves en école privée, à leur entrée en sixième. La raison en est l’image négative du collège, inséré au milieu des cités, bien que tous, équipe éducative et administrative, tentent par de nombreux moyens d’éradiquer cette fuite Les tests d’évaluation de sixième situent nos élèves dans la moyenne des résultats obtenus dans les ZEP et font apparaître que 30% environ d’entre eux n’ont pas acquis les connaissances de base nécessaires en français et en mathématiques à leur entrée en sixième. Quant aux résultats au brevet, ils sont d’environ 59% de réussites en 3eme générale et 51% en 3eme technologique . Nous nous trouvons donc en présence d’élèves faibles, qui n’ont pas une image positive de leur collège et où les cas de violence sont fréquents. Face à cette situation, de nombreux projets pédagogiques sont développés dans l’établissement, afin de diversifier les pratiques pédagogiques et de rendre les apprentissages plus motivants. Le travail en équipe se développe, en particulier autour des parcours diversifiés, et de projets d’échange linguistiques.

Depuis quatre ans, sur l’initiative de la documentaliste qui venait d’être nommée dans l’établissement, un projet d’informatisation du CDI a été mis en place. L’objectif était de mettre à la disposition des élèves de nouveaux moyens d’accès aux savoirs et de leur faire acquérir peu à peu la maîtrise des technologies de l’information et de la communication. Profitant de l’expérimentation académique internet, le CDI a pu bénéficier très rapidement d’une connexion à ce réseau. Cela a permis à nos élèves de correspondre avec des établissements à l’étranger et de commencer à se familiariser avec la recherche sur le web.

C’est dans ce contexte, qu’une dotation en matériel et en logiciels a été proposée, à la rentrée 1997-1998, pour le CDI, par deux sociétés, avec en contrepartie l’engagement de réaliser avec ce matériel, le site web de l’établissement. Cette situation nous a un peu poussés, c’est certain, à nous lancer vers un projet dont nous ne maîtrisions pas au préalable la mise en oeuvre technique. Dès le départ, la documentaliste a inscrit ce projet dans le cadre du projet d’établissement et à chercher à constituer une équipe afin de le mettre en œuvre.

C’est avec une classe de sixième, leur professeur de français et la documentaliste que le projet a débuté en 1997-1998, puis il s’est poursuivi l’année suivante avec une classe de quatrième et la même équipe pédagogique.

L’engagement de l’équipe dans le dispositif Innovation-valorisation des réussites s’est effectué par contractualisation après un contact établi par les responsables académiques de ce dispositif.

III Objectifs pédagogiques

  • Objectifs initiaux

Faire participer des élèves à la création du site web de leur établissement correspondaient à plusieurs objectifs que l’on peut articuler autour de quatre axes :

  • des objectifs liés à la maîtrise de la langue en mettant les élèves en situation d’écrire ;

  • des objectifs liés aux apprentissages documentaires

  • des objectifs liés à l’appropriation des technologies de l’information et de la communication ;

  • des objectifs liés à une meilleure insertion des élèves dans l’établissement et à une valorisation de ce dernier à leurs yeux.

Ces objectifs reposaient sur l’analyse d’une situation souvent évoquée par l’ensemble de l’équipe pédagogique de l’établissement : des élèves faibles et qui n’ont pas une image positive de leur établissement et sur le souci qu’ils utilisent les technologies de l’information et de la communication dans le cadre de l’apprentissage du français et des apprentissages documentaires.

                Les objectifs concernant la maîtrise de la langue

Dans ce projet, il s’agissait pour les élèves d’être capable de rédiger des textes en intégrant les notions de destinataires, de point de vue, d’objectivité et de subjectivité de l’information, d’avoir conscience du type de texte écrit (informatif, argumentatif...) et de sélectionner des illustrations en lien avec les textes.

La seconde année, des objectifs supplémentaires ont été intégrés au projet : être capable de mettre à jour les informations contenues dans le site (porter un jugement sur le contenu, apprécier les modifications et les rajouts éventuels à effectuer).

                Les objectifs concernant les apprentissages documentaires

Pour alimenter les différentes rubriques de ce site, les élèves devaient être capables de rechercher des informations, de les sélectionner, de les synthétiser et de rédiger un texte personnel.

                Les objectifs concernant les technologies de l’information et de la communication

Pour réaliser ce site, les élèves devaient avoir une représentation de ce qu’est un site web, comprendre ce qu’est la navigation hypermédia afin d’être capable d’imaginer des liens entre les textes du site ou vers d’autres sites et de rechercher des sites sur internet. Ils devaient être capables également d’utiliser un logiciel de création de page HTML, un logiciel de dessin et un logiciel de retraitement d’images.

                Les objectifs liés à une meilleure insertion des élèves dans l’établissement et à une valorisation de ce dernier à leurs yeux.

Ce projet devait permettre aux élèves de mieux connaître le fonctionnement de l’établissement, son personnel, les différentes activités qui y étaient menées et par cette approche mieux s’insérer dans le collège et avoir une meilleure image de ce dernier.

IV Démarches choisies

  • Durée

Ce projet s’est inscrit dès le départ sur l’année entière. En effet, cette durée apparaissait nécessaire pour parvenir à réaliser le site de l’établissement et, en même temps, la fin de l’année scolaire représentait pour nous une date buttoir pour concrétiser ce projet. Cette estimation s’est avérée exacte. C’est vers la fin du mois de mai 1998 que le site a été mis en ligne sur le serveur de l’académie. La seconde année, la même durée a été choisie. Là, il ne s’agissait plus de créer le site, mais de l’actualiser, de proposer de nouveaux textes et les élèves y ont travaillé effectivement pendant l’année entière.

  • Chronologie du déroulement de l’action

La première année, avant de commencer le travail avec les élèves, un temps de concertation, de mise au point entre les enseignants a été nécessaire, de même qu’il a fallu un certain temps pour recevoir le matériel, l’installer et pour se former en particulier avec le logiciel de création de site web. Le projet avec les élèves a débuté de ce fait début janvier 1998, ces derniers consacrant à cette activité une heure par semaine, pendant le cours de français. En revanche, la seconde année, le projet a pu commencer plus tôt. Nous n’avions plus à résoudre de problème de matériel et la phase de préparation à la mise en oeuvre du projet a également été plus brève, car nous avions l’expérience de l’année précédente.

  • Stratégies pédagogiques

Pour lancer les élèves dans ce projet, au départ nous leur avons présenté des sites sur internet afin qu’ils puissent avoir une représentation de ce qu’était un site, nous leur avons également expliqué comment fonctionnait le réseau. En revanche, dans un premier temps nous ne leur avons pas fait découvrir d’autres sites d’établissement afin qu’ils ne cherchent pas à calquer ce qu’ils avaient pu voir, mais qu’ils fassent leurs propres propositions en fonction de ce qu’ils souhaitaient communiquer à propos de leur collège. Nous avons privilégié le fait que ce site soit l’expression des élèves et non celui de l’institution. Pour cela, au départ, un échange collectif a permis de déterminer le choix des rubriques, puis les élèves ont constitué eux-mêmes les différents groupes en fonction des textes à produire. L’année suivante de la même manière, les élèves ont choisi les rubriques qu’ils souhaitaient actualiser ou compléter. Nous avons donc privilégié au départ une liberté de choix et d’initiative de la part des élèves, par la suite nous sommes intervenues pour les guider, les aider, selon les besoins. Concernant le projet d’écriture, la stratégie poursuivie était de les placer dans une situation de communication réelle, le destinataire pouvant être identifié, il s’agissait en effet de tout lecteur possible de notre site, adultes, parents, élèves...

La réalité de cette situation de communication a été effectivement confirmée par le fait que nous avons reçu des messages de lecteurs, un d’une habitante de Neuilly-sur-Marne, un d’une élève d’un collège, un autre d’un enseignant d’une ville voisine. Ces derniers nous ont livré leurs remarques quant au contenu du site et leurs encouragements. Les élèves ont été très sensibles à ces messages reçus dans la boîte aux lettres électronique du collège et en ont tenu compte dans l’actualisation du site.

  • Stratégies organisationnelles

Les séances se sont déroulées principalement au CDI. Les élèves appréciaient d’y venir pour effectuer ce travail, par ailleurs ils disposaient de la documentation et de l’équipement informatique du CDI qui, selon l’avancée des travaux, étaient parfois indispensable.

Ces séances se sont donc déroulées la plupart du temps sous la présence conjointe de la documentaliste et du professeur de français. Cette organisation nous a permis d’encadrer les élèves à deux et de pouvoir échanger immédiatement selon les situations à résoudre. Toutefois, pendant certaines séances, les groupes ont été séparés en deux, l’un restant en classe de français, l’autre venant au CDI. Ce choix s’est effectué, lorsque le nombre d’élèves devant taper leur production nécessitait la mise à disposition de tous les ordinateurs du CDI, les autres élèves restant en classe pour terminer de rédiger leur texte.

Par ailleurs, la seconde année, le choix de l’horaire de ces séances a dû être modifié. Au départ, nous l’avions fixé le jeudi en milieu d’après midi. Le professeur de français s’est aperçu rapidement qu’à ce moment là les élèves étaient particulièrement agités et avaient du mal à se concentrer. Les séances se sont donc déroulées le lundi matin où les élèves avaient un comportement tout autre, montrant beaucoup plus de calme et de concentration.

En ce qui concerne la répartition des tâches des deux enseignantes, les textes ont toujours été corrigés, validés par le professeur de français avant d’être saisis, la documentaliste intervenant davantage pour guider les élèves dans leurs recherches et pour les aider dans l’utilisation du matériel informatique.

  • Mise en oeuvre humaine et matérielle

Ce projet a rencontré un certain nombre de facteurs positifs. En premier lieu, il s’inscrivait sur une période assez longue, la stabilité de l’équipe était donc un élément important. La seconde année, les deux enseignantes se trouvant toujours dans le même établissement et étant tout à fait favorables à la poursuite de cette expérience, le projet a pu continuer sans difficulté. En second lieu, la création de ce site a été acceptée sans problème par le chef d’établissement, qui de par sa fonction en est le responsable légal. Par ailleurs, comme pour tout site web, nous devions choisir un site d’hébergement. Le site de l’académie nous apparaissait judicieux, puisque nous désirions inscrire cette activité dans le cadre de l’enseignement. Des contacts dans ce sens ont été pris avec les responsables académiques qui ont accueilli notre demande favorablement. Après signature d’une charte académique par le chef d’établissement, nous avons eu à notre disposition une adresse électronique pour le collège, un espace sur le serveur académique, ainsi que toutes les précisions techniques nécessaires à la mise en ligne de notre site. Par la suite, nous avons pu obtenir également un complément d’information pour nous aider techniquement, lorsque nous en avons exprimé le besoin. Nous avons aussi bénéficié par l’académie du prêt d’un appareil photo numérique, ainsi que d’un micro-ordinateur afin que les élèves disposent d’un micro supplémentaire pour taper leur texte.

En ce qui concerne le matériel, la dotation dont nous avons bénéficié par deux sociétés, en micro-ordinateur et en logiciels, ainsi que la commande en contrepartie qui nous en était faite, ont été sans aucun doute un élément déterminant pour se lancer dans ce projet.

Mais, pour mener à bien cette tâche, il était indispensable de se former afin de maîtriser le logiciel de création de site web, l’utilisation du scanner, de l’appareil photo numérique, du logiciel de retouches d’images... matériel qui n’avait encore jamais été utilisé par les deux enseignantes. Les inscriptions aux stages académiques étant closes depuis longtemps, la documentaliste a donc décidé de s’auto-former dans un premier temps au logiciel de création de site web, puis peu à peu aux autres outils selon les besoins engendrés par les différentes activités. Cette auto-formation a pu se faire grâce à l’installation sur son propre matériel des différents logiciels et à l’acquisition d’un scanner.

Enfin, pour mener le projet à son terme, il était également primordial d’avoir une concertation régulière entre nous. Cela nous a permis de suivre l’évolution du projet et de bien le maîtriser afin de le faire aboutir selon les modalités et les délais que nous nous étions fixés.

Par ailleurs, les messages de lecteurs reçus par courrier électronique ont contribué à renforcer la motivation des élèves.

V Regards sur l'action

  • Mémoire de l’action

Il n’y a pas eu de journal de bord de l’action. Nous avons inscrit cette action dans un calendrier annuel et nous nous sommes fixé des dates buttoirs pour les différentes étapes du projet (choix des rubriques - rédaction des textes - définition des hyperliens - sélection ou réalisation des illustrations - mise en ligne sur le site). Nous avons donc travaillé en veillant à respecter ce calendrier sachant que nous consacrions une heure par semaine en moyenne à ce projet et que chaque groupe avait un texte à produire. En revanche souhaitant rédiger un bilan pour chacune des deux années, nous avons noté les faits marquants de certaines séances (comportement des élèves, remarques...).

  • Conditions facilitantes

Un des aspects importants dans le déroulement de ce projet a été en premier lieu un bon fonctionnement du travail d’équipe des enseignantes. Il a permis de définir le rôle de chacune dans le projet, rôle spécifique ou rôle commun et de s’investir dans cette activité pédagogique avec la même intensité et la même volonté de conduire les élèves à produire des textes de qualité et de les mettre en ligne sur le site du collège. Nous pensons que ce travail d’équipe abouti a été perçu par les élèves et a pu être un élément favorable à leur investissement. Un autre aspect par rapport à la nature de ce projet est la formation en technologies nouvelles de la documentaliste qui a été un élément facilitant. L’attitude favorable du chef d’établissement à la réalisation du site a également été importante car, comme nous l’avons indiqué précédemment, il est légalement responsable de ce site. Sans son accord, nous n’aurions pas pu mettre les travaux des élèves en ligne, ce qui aurait considérablement amoindri le projet.

  • Obstacles rencontrés

Au niveau matériel, quelques problèmes informatiques ont ralenti parfois le déroulement des séances (micro-ordinateur temporairement en panne, connexion internet ne s’établissant pas). De plus, le niveau des élèves que nous avons déjà signalé comme assez faible a nécessité un accompagnement rigoureux et constant tant dans la phase d’écriture que dans l’utilisation du matériel informatique. Cela a donc ralenti la progression, concernant d’une part le travail d’écriture puis de reformulation et d’autre part l’utilisation des logiciels (saisie laborieuse des textes, difficultés à retrouver les textes sur le micro-ordinateur, pertes de fichiers parfois...). Globalement, les élèves impliqués dans ce projet avaient peu de connaissance informatique, ce qui n’est pas le cas de tous les élèves de l’établissement. Certains élèves que la documentaliste peut observer au CDI ont des connaissances plutôt approfondies pour des élèves de collège. Il est vrai que ce sont, en particulier, soit ceux qui possèdent du matériel informatique chez eux, et qui ont parfois une connexion internet, soit ceux qui ne sont pas équipés à la maison, mais qui, très motivés, se débrouillent pour utiliser le matériel de leurs amis.

  • Réajustements effectués

Les productions de chacun constituant les différentes rubriques du site, il a été nécessaire à mi-parcours de revenir sur l’ensemble du projet car nous nous sommes aperçues que les élèves avaient un peu perdu de vue la situation de leurs textes par rapport à la structure du site, certains même ne paraissant plus savoir dans quel cadre ils écrivaient. Nous leur avons donc demandé de consulter le site sur internet et de retrouver la rubrique à laquelle appartenait leur texte, puis de la même manière de le situer sur un plan arborescent réaliser avec le logiciel Publisher. Les élèves ont effectué ce travail, dans les deux cas, sans aucune difficulté, il est apparu qu’un recadrage simple, mais nécessaire, avait permis de raviver leur mémoire et de reglobaliser le projet.

  • Les aspects innovants de l’action

  • Par rapport aux apprentissages généraux

La création du site web de l’établissement correspondait à un projet que nous n’avions jamais mené. C’était la première fois que nous mettions les élèves en situation d’écrire pour une production hypermédia et dans la perspective d’être lus à l’extérieur. De ce fait, cette action nous a permis d’aborder concrètement l’écriture hypertextuelle et a eu une influence sur la qualité exigée. Par ailleurs, nous avons pu nous appuyer sur cette situation afin que les élèves ne recopient pas les textes trouvés à la suite d’une recherche documentaire, ce qui est souvent le cas. En effet, s’agissant d’une publication sur internet, donc lisible par tous, il était exclu que les élèves ne respectent pas le droit d’auteur. Nous les avons donc conduits à reformuler dans leur propre langage tout texte sur lesquels ils s’appuyaient. Cette obligation a été acceptée plus aisément que les consignes habituelles de ne pas recopier les textes car ils en ont compris la justification. De la même manière nous avons pu aborder concrètement la notion de droit de citation et obtenir des références bibliographiques parfaitement exactes.

Un autre aspect innovant de ce projet a été d’amener les élèves à créer des illustrations pour leur texte, le document produit devant représenter un ensemble composé de textes et d’images. Certains élèves se sont même montrés plus à l’aise dans la réalisation de dessins. Cette situation a pu être exploitée pédagogiquement, elle nous a permis en effet, à partir de la production de dessins très expressifs, notamment sur le thème du sida, d’inciter les élèves à compléter le texte initial, en l’enrichissant par ce qu’ils avaient voulu exprimer dans l’illustration. Un autre exemple nous a permis de conduire un élève qui n’avait trouvé à s’exprimer que par le dessin à produire un texte qui l’accompagnerait. Autrement dit, l’illustration a représenté, dans ces deux cas un tremplin à l’écriture.

  • Par rapport aux élèves

Cette action a permis de mettre les élèves dans une situation de communication réelle et en particulier dans une posture de sujet scripteur. Elle a permis d’amener également les élèves à réfléchir aux illustrations qui devaient compléter les textes, car nous étions dans le cadre d’une production multimédia. Cela les a conduits à mettre en relation le sens des illustrations (photos, dessins...) et celui des textes et à les réaliser eux-mêmes.

Un autre aspect innovant dans l’écriture a été la construction de textes comportant des liens hypertextuels. Les élèves ont défini ces liens soit pour apporter un complément d’information à un texte initial (par exemple, à partir du texte sur Georges Braque ils ont créé un lien vers une définition du mot cubisme, un autre vers un texte présentant Picasso), soit pour organiser la présentation de plusieurs textes sur un même thème. Les élèves avaient eu jusqu’à présent une représentation de la navigation hypertextuelle à travers la consultation de Cédérom ou de sites sur le web. Là, ils en découvraient concrètement le fonctionnement.

Par ailleurs, les élèves ont pratiqué une écriture collective, situation qu’ils ont beaucoup appréciée, selon leurs dires, car elle leur a permis d’échanger leurs opinions, de mettre en commun leurs idées, de s’entraider et de se corriger mutuellement.

Enfin, ce projet a favorisé également une meilleure connaissance du collège et en a développé une perception plus positive de la part des élèves. Il peut être intéressant de noter qu’une telle réalisation semble - pour certains élèves dont la socialisation s’avère encore fragile - " avoir du sens " et même plus de sens que de suivre une séance de cours ordinaire et y participer

  • Par rapport à l’établissement

Cette action a permis de faire découvrir à l’extérieur l’établissement , présenté du point de vue des élèves. Des parents nous ont demandé l’adresse du site pour le consulter, d’autres enseignants nous ont communiqué les travaux de leurs élèves afin de les mettre en ligne.

  • Comment l’action a-t-elle été perçue ?

  • Les membres de la communauté scolaire concernés par l’action

Les élèves ont particulièrement apprécié cette activité. Un questionnaire que nous leur avons remis à ce sujet témoigne en effet de leur engouement. Ainsi, par exemple à la question "Souhaiteriez-vous recommencer cette activité l’année prochaine ?", tous répondent par l’affirmative.

Les enseignantes de l’équipe sont très satisfaites des activités pédagogiques qui ont pu être développées durant ces deux années, même si cela a demandé énormément de travail, et des projets commencent déjà à être évoqués pour l’année prochaine.

  • Les membres de la communauté scolaire extérieurs à l’action

Les élèves apprécient l’existence de ce site, demandent à le consulter et certains proposent des textes afin que nous les mettions en ligne. Un élève - actuellement en seconde - nous a même envoyé, par courrier électronique, un texte qu’il avait écrit en fin de troisième et qu’il avait retravaillé pendant les vacances d’été dans la perspective qu’on le publie sur le site du collège.

De la part des parents, nous avons certains témoignages qui nous montrent l’intérêt qu’ils portent à ce projet mais cela reste une perception partielle, car d’autres parents nous ne connaissons pas les impressions.

Dès le départ, l’équipe de direction a été favorable à ce projet et elle a proposé pour l’année prochaine qu’un projet concernant l’utilisation d’internet soit mené en liaison avec les écoles primaires du réseau d’éducation prioritaire auquel nous appartenons.

Les enseignants de l’établissement semblent porter un regard positif à cette action. Certains même participent au développement du site, afin de proposer aux élèves des activités autour de leur discipline. Ainsi des pages consacrées aux sciences physiques, d’autres concernant des jeux de mathématiques ont été créées. Un autre enseignant de mathématiques nous a proposé des énoncés réalisés par ses élèves de sixième ayant pour objectif la construction de figures géométriques.

Quelques personnes extérieures à l’établissement nous ont également envoyé par courrier électronique leurs remarques positives et encourageantes.

VI Evaluation de l'action

  • Domaines évalués

  • Mise en ligne du site

L’objectif final de cette action était la mise en ligne du site de l’établissement. Un des critères d’évaluation que nous nous étions fixés était donc la conduite du projet jusqu’à son terme, c’est-à-dire la mise en ligne effective de ce site. Dès la première année, le site était accessible sur le serveur de l’académie.

  • Consultation du site

Autre critère que nous avions déterminé, la consultation du site. Pour favoriser sa visibilité, nous l’avons référencé auprès de plusieurs annuaires et moteurs de recherche sur internet. Or, le courrier reçu pendant l’année 1998-1999 témoigne que le site est visité. Les études effectuées par des revues d’informatique attestent qu’un site est consulté plusieurs centaines de fois avant que ces consultations ne génèrent un courrier de la part des lecteurs. Nous pouvons donc estimer que notre site est consulté. L’académie de Créteil est en train de mettre en oeuvre une solution informatique afin d’établir des statistiques sur la consultation des différentes pages de son serveur, ainsi allons-nous pouvoir mieux apprécier la réalité de ces consultations.

  • La qualité des productions des élèves et l’investissement dans le groupe

Pour réaliser ce projet nous avions des exigences sur la qualité des productions des élèves et sur leur investissement. L’évaluation s’est effectuée de façon formative afin de conduire les élèves à améliorer leurs textes. Les critères retenus ont été l’intérêt de la production pour le lecteur, la qualité de rédaction, le respect de l’orthographe, les choix iconographiques, la pertinence des liens hypertextuels ou hypermédias entre les documents et l’investissement dans le groupe. Lorsque les textes à produire ont nécessité une recherche documentaire, l’évaluation a porté sur le choix des documents retenus, la sélection des informations et leur reformulation. L’évaluation a également été faite de façon formative en guidant les élèves en fonction des difficultés rencontrées, l’étape communément la plus difficile étant la reformulation personnelle.

  • La maîtrise des technologies de l’information et de la communication

L’évaluation a porté sur la capacité à rechercher des sites sur internet en utilisant un annuaire francophone, sur la maîtrise de l’utilisation du logiciel de création de pages HTML, du logiciel de dessin, du logiciel de retraitement d’images et sur des notions de répertoires (ouverture et sauvegarde de fichiers). A la fin de l’année, nous avons pu constater que les élèves avaient acquis une meilleure aisance dans l’utilisation de ces technologies, cependant on constate que ceux qui disposent d’un ordinateur à la maison montrent beaucoup moins d’hésitation.

  • L’évaluation de l’activité par les élèves

A l’issue de chacune des deux années, nous avons incité les élèves à exprimer ce qu’ils pensaient de cette activité en répondant à un questionnaire, puis en échangeant verbalement. Leurs réponses et leurs réactions attestent que cette activité leur a particulièrement plu, comme nous l’avons déjà souligné. Par ailleurs la grande majorité estime avoir progressé en français. Lorsque nous leur en demandons les raisons, ils évoquent :

- la liberté d’initiative (avoir eu la possibilité de choisir leur thème, d’effectuer des recherches documentaires sur ce sujet et de le traiter selon leur souhait) ;

- l’entraide : " Travailler en groupe a permis de se corriger mutuellement, d’avoir plus d’idées... ".

En ce qui concerne l’impact de cette activité dans le collège, certains pensent que la création du site contribue à donner une meilleure image du collège.

VII Perspectives

L’année prochaine nous souhaitons continuer à travailler autour de ce projet, en privilégiant cependant des textes de nature différente. Maintenant, le site est créé, il contient des informations sur le collège, les activités pédagogiques qui s’y déroulent, la ville... et quelques textes personnels d’élèves (la violence, le racket, des nouvelles...). Nous voudrions développer en particulier cette dernière rubrique, dans le cadre des travaux demandés en français. S'appuyant sur la correction de leur professeur de français après la remise d'un devoir, les élèves seront conduits à améliorer leurs productions afin qu'elle soient publiées sur le site de l'établissement.

Par ailleurs, nous sommes en train de mettre en place un partenariat avec les écoles primaires autour d’internet et nous envisageons que le site soit également un espace d’écriture pour les élèves du primaire, en attendant qu’ils créent peut-être leur propre site.

VIII Transfert/diffusion

Le transfert de cette action est envisagé dans le partenariat que nous mettons en place avec les écoles primaires. Ce projet est, en effet, tout à fait transférable à un autre établissement que ce soit une école, un collège ou un lycée. L’écriture concerne tous les cycles et internet se révèle un merveilleux élément de motivation pour les élèves.

Nous souhaitons également faire part de notre expérience lors de stages, de regroupements académiques. A cet égard, la documentaliste a relaté ce projet lors d’un stage du plan national de formation et a eu l’occasion de présenter le site lors de journées de formation de documentalistes, puis de professeurs de technologie. Par ailleurs, nous avons été interviewées par la revue Inter CDI et un article à ce sujet a été publié dans n° 160 de juillet/août 1999.

IX Conclusion

L’apport de ce projet aux disciplines

Ce projet a eu une incidence sur l’enseignement du français et sur les pratiques documentaires des élèves. Il a permis de donner du sens aux différentes activités pédagogiques qui en ont découlé. Les élèves ont pu ainsi s’informer et écrire dans le cadre d’un projet réel de communication. Cette situation a eu un impact très positif sur leur comportement et leur investissement, permettant parfois de lever les obstacles habituellement rencontrés.

En ce qui concerne l’enseignement du français, le projet impliquait, par sa nature, la prise en charge de rubriques particulières de la part des élèves groupés par deux ou trois : aussi la responsabilité d’une écriture qui ait du sens est-elle apparue plus nette que s’il s’agissait seulement de composer un devoir de rédaction conventionnelle. Très vite également les élèves ont tenu compte des destinataires (ce d’autant plus que nous furent adressés des messages à propos des travaux réalisés au cours de la première année).

De ce fait, ils ont mieux perçu la nécessité de pratiquer une écriture lisible, correcte, et visant à la compréhension immédiate du " lecteur " sur internet : donc d’éviter tout à la fois l’emploi de termes spécifiques à un domaine non explicités ou bien l’imprécision. De là, ce projet les a aidés peu à peu à prendre conscience que rédiger pour être lu(s) suppose un travail de réécriture long - voire fastidieux - et que s’impose l’épreuve des brouillons, ce qu’ils ont tendance à admettre plus difficilement dans le cadre d’un travail ordinaire.

D’autre part, ils ont pu cette année certes exercer leur esprit critique afin de juger les trav aux réalisés l’année dernière, mais surtout agir à partir de ce jugement en enrichissant telle ou telle rubrique considérée comme incomplète. Ce fut une manière de comprendre qu’une critique constructive doit, le plus souvent possible, contribuer à l’amélioration d’un projet initial ou même d’acquis incomplets.

Objectif tout à fait formateur : dans le cadre de la réalisation de ce site, tout travail d’écriture devait aboutir à un " produit de qualité ", un " produit fini ". Or, ceci n’arrive guère avec les devoirs rendus pour être notés, mais non pas forcément repris dans le détail ni réécrits. Nous voici donc dans le cas concret d’une évaluation formative.

Enfin l’élaboration des diverses rubriques étant effectuée par plusieurs groupes d’élèves, un travail collectif (sous forme d’échanges d’idées ou de critiques sur ce qui était déjà réalisé en partie ou sur la manière de traiter l’information...) s’est avéré fort stimulant de l’avis de la majorité. Sans doute était-ce l’occasion de réaliser - peut-être plus clairement que durant le cours traditionnel - combien toute réflexion individuelle se nourrit de la réflexion de tous.

En matière d’entraînement à la rédaction, notons un autre élément assez exceptionnel : quelques élèves plus habiles à illustrer qu’à écrire finirent, même en modeste part, par débloquer leur aptitude à s’exprimer par l’écriture.

En ce qui concerne les recherches documentaires effectuées par les élèves, nous avons constaté une aisance à trouver les documents qu’ils ne manisfestent pas à d’autres moments, passant d’une attitude plutôt passive à une attitude très active. Ils nous ont même parfois surprises par les capacités à s’informer mises en oeuvre et surtout par l’intérêt manifesté pour approfondir leur connaissance. Un seul exemple : des élèves de 6e travaillaient sur Georges Braque ; au départ, nous les avons aidés à trouver des documents sur ce peintre. Ayant, par leur lecture appris que Georges Braque était un peintre cubiste, ils ont souhaité se documenter sur cette école. Ils ont d’eux-mêmes recherché des documents sur ce sujet et trouvé facilement, en parcourant les rayons sur la peinture, un ouvrage intitulé " Le cubisme ". Cette attitude révèle, lorsque les élèves sont motivés, leur capacité à mettre en oeuvre des stratégies de recherche. Nous sommes passées, ainsi, de l’habituel " Madame, est-ce que vous avez des documents sur... ?", attitude passive où l’élève ne s’approprie pas véritablement les lieux, à une attitude qui démontre une implication totale dans le projet et surtout le désir de le mener soi-même. Nous constatons aussi, que les élèves qui ont participé à ce projet ont dans l’ensemble une meilleure connaissance des ressources mises à leur disposition au CDI et sont plus autonomes que les autres élèves. Leurs remarques témoignent également d’une perception positive du CDI, qu’ils qualifient de lieu de culture, de travail qui complète la classe. Ils y apprécient la liberté d’initiative et la possibilité également d’utiliser les ordinateurs.

Autre apport de ce projet, le fait d’avoir pu aborder concrètement une notion rarement évoquée avec les élèves du collège, celle du droit d’auteur. Là encore, ce projet, nous a permis, une fois de plus, de donner du sens aux activités menées. Comme nous l’avons déjà indiqué, publiant sur internet, il n’était pas envisageable de se mettre dans l’illégalité vis à vis du droit d’auteur. Nous sommes conscientes d’ailleurs que notre attitude aurait peut-être été moins stricte si les élèves avaient réalisé une publication sur support papier diffusée dans l’établissement. Là, cette publication étant accessible par tous, nous avons été particulièrement vigilantes. Quelques faits, relatés dans la presse ou à la télévision à ce propos, ont pu illustrer auprès des élèves les conséquences du non respect du droit d’auteur. De ce fait, les élèves ont toujours été contraints soit de réécrire leur texte, soit pour de courts extraits de citer leurs sources, voire même de demander l’autorisation à l’éditeur de reproduire certains documents. Deux demandes ont été faites à ce sujet, auxquelles il a été répondu favorablement, l’une concernant la carte de la Seine-Saint-Denis, l’autre des drapeaux de quelques pays. Cette situation a favorisé le développement d’attitudes responsables de la part des élèves et a engendré, par ailleurs, une situation de communication réelle avec les maisons d’édition concernées. Maintenant, ils savent qu’il faut respecter le droit d’auteur, donc ne pas s’approprier l’oeuvre de quelqu’un et que le droit de citation permet de reproduire de courts extraits mais, à la condition de mentionner ses sources. Cette éducation citoyenne au respect du droit d’auteur est une des incidences du projet et c’est la première fois pédagogiquement que nous l’abordons de façon aussi concrète.

X Annexes

Questionnaire d’évaluation remis aux élèves de 4e en fin d’année.

25 élèves ont répondu à ce questionnaire.

Quelles sont vos impressions sur la participation à la mise à jour du site web du collège

Avez-vous aimé cette façon d’écrire pendant le cours de français ?

Oui

22

Non

3

Remarques

Cette activité était-elle différente de d’habitude ?

Oui

21

 

 

Non

4

activité déjà faite (3)

Les raisons évoquées :

Utilisation de l’ordinateur (7) - internet (2) - travail en groupe (5) - travail au CDI (3)- sujet concernant le collège

Avez-vous aimé écrire à plusieurs ?

Oui

21

 

Non

2

Les élèves qui ont répondu non ont écrit individuellement
Avez-vous eu du mal à vous organiser dans le groupe ?

Oui

2

 

Non

23

 
Pensez-vous que certains ont travaillé plus que d’autres ?

Oui

8

 

Non

17

 

 
Trouvez-vous plus facile d’écrire à plusieurs

Oui

19

Non

6

Les raisons évoquées :

on a plus d’idées (14) - chacun exprime ses opinions (2) - cela permet de connaître l’opinion des autres - entraide et correction mutuelle (2)

Avez-vous aimé venir travailler au CDI ?

Oui

23

 

 

Non

0

 

 

 

Les raisons évoquées :

plus vivant et dynamique (2) - change de la salle de classe (4) -

disposition des tables - on peut demander conseil - s’informer en utilisant l’ordinateur - emprunt de livres- taper les textes à l’ordinateur (7) - plus libre - apprendre à travailler à l’ordinateur -

1 oui/non

1NR

Avez-vous aimé présenter vos textes sur ordinateur ?

Oui

23

Non

1

1NR

Avez-vous aimé choisir ou réaliser des illustrations pour vos textes ?

Oui

14

Non

1

9 élèves n'ont pas encore choisi ou réalisé d'illustrations

1NR

Trouvez-vous intéressant de mettre vos textes sur internet ?

Oui

22

Non

2

1NR
Vos amis, vos parents savent-ils que vos textes seront mis sur internet ?

Oui

12

Non

10

3 NSP
Souhaiteriez-vous recommencer ce genre d’activité l’année prochaine ?

Oui

25

Non

0

 
Pensez-vous avoir fait des progrès en français pendant cette activité ?

Oui

14

Non

9

2 oui/non
Pensez-vous avoir fait des progrès pour rechercher des documents ?

Oui

19

Non

6

 
Pensez-vous avoir fait des progrès pour réécrire les renseignements trouvés ?

Oui

22

Non

3

 
Pensez-vous avoir fait des progrès dans l’utilisation de l’ordinateur ?

Oui

17

Non

5

3 élèves n'ont pas encore utilisé l'ordinateur