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Deux structures scolaires de l'académie de Créteil primées au concours « La Flamme de l'égalité »
Actu académique

Le 10 mai 2021, à l'occasion de la Journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions, le talent et l’investissement des élèves de l’école élémentaire Georges-Lapierre à Alfortville (94) et du collège Louise-Michel à Clichy-sous-Bois (93) ont été distingués lors de la Cérémonie nationale de remise des prix de ce concours qui célèbre, en 2021, les vingt ans de la reconnaissance de la traite négrière et de l’esclavage comme crime contre l’humanité.

Délivrer, libérer, les hommes opprimés

Après le prix académique dans la catégorie « école élémentaire », la « mention spéciale » décernée par le jury national vient récompenser le travail remarquable effectué par les élèves de la classe de CM2 de l’école élémentaire Georges-Lapierre à Alfortville (94) sur « Toussaint, le libérateur des esclaves ».

Pour rendre hommage au combat de cet ancien esclave noir affranchi, grande figure de la résistance noire, « combattant de la liberté [et] artisan de l'abolition de l’esclavage », les élèves ont réalisé une vidéo « approfondie et émouvante » qui a touché les jurys.

Dès les premières secondes de la vidéo, le rythme des percussions africaines donne le ton de cette exploration extrêmement vivante de l’histoire de l’esclavage et de Toussaint Louverture par les élèves, devenus pour l’occasion narrateurs de la grande Histoire.

Alternant repères géographiques sur une carte, documents officiels sur l’esclavage, et surtout de « très beaux et [très] nombreux dessins » d’une grande qualité expressive, les écoliers restituent avec une fraîcheur impressionnante les conditions dans lesquelles les esclaves étaient capturés en Afrique, puis entassés tels du bétail sur les navires négriers, et ramenés en Europe lors de « traversées abominables » pour y être vendus comme des marchandises. Ils s’appliquent ensuite à rendre vivante la mémoire de Toussaint Louverture, personnage essentiel de l’histoire de l’esclavage et des luttes qui l’ont accompagné, à qui est aujourd’hui dédiée une inscription au Panthéon, temple républicain des « grands hommes » de la nation.

Joignant enfin le geste à la parole, nos élèves terminent leur vidéo par une chorégraphie pleine d’énergie. Les pieds qui frappent le sol, les mains qui se frappent et qui frappent les cuisses miment avec intensité les combats et les révoltes des esclaves jusqu’à leur émancipation des chaînes de l’asservissement ­— pour nous rappeler que les engagements en faveur de la liberté et de la lutte pour l’abolition de l’esclavage ont contribué à façonner l’histoire moderne de notre pays, ainsi que les valeurs sur lesquelles repose notre démocratie républicaine.

Ce projet primé a fait l’objet d’une présentation in situ, le lundi 10 mai 2021, en présence de Daniel Auverlot, recteur de l’académie de Créteil, de Abdel-Kader Guerza, préfet délégué à l'égalité des chances du Val-de-Marne, et de Luc Carvounas, maire d’Alfortville.

 Chanter la liberté confisquée

Après avoir convaincu le jury académique dans la catégorie « collège » par la dimension poétique de sa réalisation, le collège Louise-Michel à Clichy-sous-Bois (93) a aussi séduit le jury national par la « qualité artistique » de son projet.

Inspiré des chants qui rythmaient le travail des esclaves dans les plantations et qui leur permettaient d’exprimer leurs souffrances et leurs peurs, le projet de ces élèves de 4e et de 3e a donné naissance à un clip vidéo intitulé « Why am I not free as well ? » [« Pourquoi ne suis-je pas libre moi aussi ? »]. Artistiquement très riche, leur travail nous replonge de plain-pied dans l’atmosphère étouffante des champs de coton, où seuls la musique et le chant permettaient aux esclaves, harassés par le labeur et les coups de fouet de leurs maitres, de se soutenir et de s’encourager mutuellement, pour ne pas faiblir et ne pas désespérer face à la dureté extrême de leur condition.

De la capture de ces esclaves sur les rives africaines, aux conditions inhumaines de l’interminable traversée sur les navires négriers ; des sévices endurés sur les exploitations cotonnières, aux viols imposés à ces femmes réduites en esclavage par leurs maîtres ;  sans oublier les tentatives de fuite ou de rébellion avortées, systématiquement réprimées dans le sang et la violence : nos élèves ont su avec grande conviction rendre palpables les étapes clés de la vie ordinaire des esclaves, pour nous permettre de voir, de ressentir et d’entendre les souffrances marquées au plus profond de leurs chairs et de leurs âmes.

Concours « La Flamme de l’égalité »

Le concours national « La Flamme de l’égalité » invite les enseignants du primaire et du secondaire « à mener avec leurs élèves une réflexion et à réaliser un projet sur l’histoire des traites et des captures, sur la vie des esclaves et les luttes pour l’abolition, sur leurs survivances, leurs effets et leurs héritages contemporains ». Les jurys de ce concours ne sont pas uniquement sensibles à la production finale des élèves des établissements candidats ; ils le sont tout autant au déroulement de chaque projet : « la démarche des élèves, à savoir l’étude, l’interprétation, l’analyse de personnages, parcours, événements, archives, et faits historiques » sont fortement valorisés.

La mise en valeur de la démarche des élèves prend tout son sens si l’on prend en compte l’objectif de ce concours : « les élèves approfondiront leur connaissance et leur compréhension de l’esclavage et de ses effets pour prendre conscience, in fine, de l’importance qu’il y a à préserver la dignité humaine et, pour cela, à agir en citoyens libres et égaux ». La réalisation d’un projet dans le cadre de la participation à « La Flamme de la liberté » s’intègre donc parfaitement dans le Parcours citoyen de l’élève, notamment ce qui a trait à « l’engagement des élèves dans des projets ou actions éducatives à dimension citoyenne », qui peuvent aborder entre autres des problématiques de « lutte contre toutes les formes de discriminations » (racisme, antisémitisme, etc.) et de « transmission des valeurs républicaines et du principe de laïcité ».

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