Action Défense

Les risques technologiques dans la région de Provins (77)


Par Benjamin CLAVERIE
Professeur d’histoire et géographie, Lycée Les Pannevelles, 77 - Provins



Exercices :

1. A partir du dossier préfectoral et des articles des dictionnaires de géographie, définissez les notions suivantes : risque, risque technologique, catastrophe.

2. Indiquez le nom de quelques catastrophes technologiques qui ont marqué l’histoire.

3. Quelles sont les différentes étapes établies pour essayer de prévenir les risques et de protéger les populations locales face à une catastrophe technologique ?

4. Quelles mesures précises sont mises en place par la Préfecture de Seine-et-Marne ?

5. Après avoir établi la liste des sites dangereux dont un éventuel dysfonctionnement pourrait avoir des conséquences pour la population provinoise, indiquez ces sites dangereux sur l’extrait de carte fourni.

6. Sur l’extrait de carte, tracez le périmètre qui jouit d’une surveillance renforcée et des mesures de protection les plus draconiennes concernant les risques nucléaires.

7. Choisissez un site industriel dangereux dans la liste préfectorale. Effectuez des recherches complémentaires concernant ses activités, sa superficie, ses installations, sa dangerosité potentielle, les mesures de prévention et de contrôle qui lui sont appliquées.

Quelques définitions :

Extraits de : Pierre Georges, Dictionnaire de la Géographie
Yves Lacoste, De la géopolitique aux paysages

ALEA
Phénomène entrant dans le domaine des possibilités, donc des prévisions sans que le moment, les formes ou la fréquence en soient déterminables à l’avance : les cyclones, les révolutions, les guerres, avec leurs conséquences : surmortalité, destruction de capacités de production, déséquilibre avec effets de contagion.

RISQUE
Géogr.gén. – La fréquence des accidents et des catastrophes provoquant la perte de vie humaine et des dommages matériels graves a fait prendre conscience de la notion de risque et de la définition de zones à risques.
On distingue généralement les risques naturels, impliquant la possibilité ou la probabilité d’évènements catastrophiques d’origine naturelle : inondations exceptionnelles, avalanches, séismes, sécheresses prolongées, cyclones, raz de marée, prolifération d’insectes nuisibles, et les risques technologiques liés à l’éventualité d’accidents dans des établissements industriels : émanation de gaz ou de liquides toxiques, explosions, radioactivité…Sur le plan géographique, on est conduit à définir des zones à risques, des sites dangereux, des approches à protéger. V. environnement et populations à risques.

CATASTROPHE
Accident violent qui met en cause sur une étendue variable l’équilibre de l’environnement, la sécurité et l’organisation de l’économie et du peuplement. Les principales catastrophes naturelles sont les éruptions volcaniques, les tremblements de terre, les raz de marée, à une moindre échelle, les invasions de déprédateurs, (les criquets en Afrique) et de parasites. A certains égards, les épidémies peuvent être considérées comme des catastrophes naturelles.
S’y ajoutent les accidents survenus à des installations techniques, œuvres des hommes : rupture d’un barrage hydraulique, catastrophe minière, explosion dans une usine de produits chimiques, dégagement de gaz toxiques, accident dans une centrale nucléaire (Tchernobyl, 1987), épandage de produits polluants dans les fleuves ou la mer, détruisant la faune et la flore (marée noire). V. nuisance, pollution.

CATASTROPHE
Du grec katastrophé, bouleversement, ce qui vous renverse Accident violent qui bouleverse les conditions de vie sur une étendue plus ou moins vaste et qui anéantit une grande partie de la faune et du peuplement. Les principales catastrophes naturelles sont les soudaines éruptions volcaniques, les tremblements de terre, mais aussi les très graves inondations surtout si elles affectent des régions très peuplées. On peut considérer qu’une très grave épidémie est aussi une catastrophe. Il y a par ailleurs des catastrophes chimiques (explosion de l’usine de Bhopal en Inde) ou nucléaire (Tchernobyl en 1986). Certaines régions du monde sont le cadre d’(un drame « géographique permanent qui peut tourner subitement à la catastrophe.


Extraits de La ville, J. Bastié et B. Dézert, Masson 1991, 415 pages

Les risques technologiques doivent également être pris en compte par les villes. Ces risques sont liés aussi bien aux usines chimiques, qui fabriquent dans ou près des villes des substances chimiques toxiques Les catastrophes de Seveso, près de Milan et de Bhopal (Inde) sont encore dans toutes les mémoires, mais l’incendie d’une usine chimique à Bâle et les déversements dans le Rhin d’eaux contaminés furent aussi une catastrophe écologique, comme les marées noires provoquées par les échouages ou collisions de pétroliers géants ! Les villes portuaires sont soumises de nos jours à des risques d’explosion, au moment du déchargement de gaz ou de dynamite ou encore de mélanges chimiques détonnants.
Mais, la catastrophe nucléaire de Tchernobyl (Ukraine) a montré tous les risques encourus par les habitants des villes proches de réacteurs nucléaires en cas d’incendie et d’explosion. Il y a aussi les risques encourus par le transport des déchets nucléaires et leur stockage. En fait, les centrales thermonucléaires sont installées de plus en plus loin des grandes villes ; mais certaines restent encore trop proches de villes et d’agglomération (ainsi Fessenheim près de Colmar, Gravelines proche de Dunkerque, etc). Les centrales nucléaires sont dans bien des pays strictement contrôlées, mais le risque est lié à l’éventualité d’une défaillance du système technique (cuve, tuyauterie) provoquant un échauffement excessif et un incendie dans le réacteur. Le risque majeur est comme à Tchernobyl, une surchauffe entraînant la fonte du cœur du réacteur. Aux Etats-Unis, à la suite de l’incident de la centrale de Three Miles Island, 13 réacteurs sur 39 ont dû être vérifiés par suite de défectuosités rencontrées dans les éléments combustibles. Or plusieurs centrales sont voisines de grandes villes du Nord-Est des U.S.A.

L’espace urbain ne devrait jamais voisiner avec une centrale thermonucléaire, surtout lorsqu’il s’agit de réacteurs à neutrons rapides du type « super-Phénix » (1200MWe) de Creys-Malville. Sans doute a-t-on prévu qu’aucune explosion nucléaire ne peut se produire, mais des spécialistes craignent cependant, qu’en cas de fissuration de la cuve de sodium contenant le réacteur, une réaction thermodynamique violente puisse résulter de la retombée du sodium liquide contre le combustible nucléaire fondu à une température très élevée. Le risque nucléaire réel résulte surtout de mouvements du sol et de tremblements de terre, qui pourraient provoquer des explosions au contact de l’air et des retombées de nuages radioactifs sur les villes proches dans un vaste rayon. C’est pourquoi, les Japonais n’utilisent guère les centrales nucléaires. La terrible catastrophe de Tchernobyl, qui n’a pas fini de faire sentir ses effets sur les populations urbaines riveraines, va sans doute décider les aménageurs de centrales à les installer dans des sites isolés, en bordure de mer par exemple, comme la centrale britannique de Dungeness, qui alimente Londres en électricité
Notre civilisation moderne a multiplié les risques en même temps que les moyens de les prémunir ou d’y faire face, et ceci tout particulièrement dans l’espace urbain : inondations, incendies, pollutions de l’air, des eaux et du sol, intoxications, radiations nucléaires, catastrophes industrielles ou aériennes, etc. Nous avons tendance à oublier que la vulnérabilité fait partie intégrante de notre société technicienne. Pour pouvoir organiser des systèmes de protection efficaces, il faut établir un inventaire de tous ces risques et de leurs processus : mineurs et majeurs, occasionnels ou permanents, etc.