Camille : Le miroir et la nuit

Camille: La vie de Camille Claudel
par les élèves de 1°L (1996)

"Une révolte de la nature: la femme de génie " (Mirbeau)

"En 1898, elle travaille. Indépendante du bruit qui peut se faire autour d'elle, elle ne pense qu'à la sculpture... Elle va ! Elle est de la race des héros !" (Mathias Morhardt)

" Le talent de Camille Claudel est une des gloires à la fois et une des hontes de notre pays " (Charles Morrice)

"Je lui ai montré où elle trouverait de l'or, mais l'or qu'elle trouve est bien à elle" (Rodin)



CAMILLE : LA FEMME

Camille Claudel est née le 8 décembre 1864. Elle passe son enfance à Villeneuve- sur - Fère dans l'Aine. Dès son plus jeune âge elle commence à pétrir la glaise. Camille était la sœur de Paul Claudel et la fille d'un conservateur des Hypothèques. Son frère en parlant d'elle disait "cette jeune fille splendide, pleine de génie, mais de caractère violent, indomptable."Son caractère montre déjà un déterminisme et une volonté de s'affirmer dans sa passion pour la sculpture. Afin de s'améliorer dans ce domaine, elle quitte sa province et se retrouve à Paris.

Nous sommes en 1881, Camille va avoir 17 ans et suit des cours à l'académie Cola Rossi.

En 1883,se lie une relation intime entre elle et son professeur qui très vite avait été subjugué par sa jeune élève. Ce sculpteur de 24 ans son aîné n'est autre qu'Auguste Rodin. Leur liaison fut aussi sentimentale qu'artistique.

Avec Sakuntala, elle obtient une mention honorable au Salon des Artistes Français.

Camille n'a alors que 23 ans et tandis que sa liaison avec Rodin continue son travail se diversifie. Petit à petit elle va s'échapper de l'emprise de Rodin et après 15 ans de relation rompre en 1898.

Au départ de son frère pour la Chine, en 1906, Camille s'isole et l'on commence à chuchoter qu'elle est folle.

Elle détruit ses oeuvres et ne supportant plus ses errements et ses scandales, sa famille se décide à la faire interner en 1913 après la mort de son père. Elle a alors 48 ans et y restera 30 ans jusqu'à sa mort.






CAMILLE: LE GÉNIE.

Camille Claudel, décédée il y a 43 ans à l'age de 79 ans, était morte pour la société et l'art depuis 1910,au terme d'une courte carrière marquée du signe de l'inachèvement et de la crispation d'un but jamais atteint.

Elle présente la stature de ces artistes maudits qui, tels Rimbaud ou Van Gogh, font les héros mythiques des temps modernes.

Peu la connaisse car son nom a été absorbé par celui d'un frère au génie prolifique dont la gloire a masqué la sienne. Il n'est pas jusqu'au prénom de Camille, asexué, qui ne la condamne à l'indétermination, même de l'oubli. Au terme d'une vie solitaire et pauvre, elle laisse une oeuvre éparse sommeillant à demi-inconnue dans l'ombre, portée de l'œuvre de Rodin, dans les musées de province peu visités, voire dans des réserves ou des collections particulières mal inventoriées ou jalouses de leurs trésors.












La petite Châtelaine:

Le cycle des fillettes se prolonge sur 3 ans. En approfondissant son art, Camille Claudel s'est éloignée du réalisme attendri de la grande personne pour infuser en cette fillette tout son tourment d'adulte, et donner du même coup  à la postérité le plus authentique portrait de l'enfance intérieure.







Psaume:

Cette paysanne aux traits épais est exactement la contemporaine des bretonnes de Pont-Aven de Gauguin et de son école. Camille lui insuffle une foi intérieure par ses yeux clos, sa bouche expirante, son attitude renversée d'orante qui s'offre à une volonté supérieure.



Cette oeuvre manifeste le génie personnel de Camille, qui par une alchimie secrète, transmue un modèle grossier en une prière incantatoire.

 

 



La valse:

La draperie irréelle devient acteur indispensable de la statue. La robe est d'une modernité étonnante.

D'un grand élytre d'insecte en mue, hors de cette lourde et massive chrysalide, la chair radieuse se métamorphose en ce vol nuptial qui se consomme par une mort conjointe.

Les pieds et les jambes sont emmaillotés de la draperie terrestre, l'âme surgit nue de son fourreau pour prendre un envol sans espoir.

Cette oeuvre est sans doute la plus célèbre de Camille Claudel, datant de la fin de l'époque heureuse avec Rodin. Elle a été conçue pour être contemplée sous tous ses angles, Camille inventant une sculpture tournoyante à l'image de la danse, qui oblige le spectateur à se mouvoir lui-même pour en comprendre les effets.







Buste de Rodin:

Une maîtrise d'équilibre domptant la violence des sens et du caractère se révèle ici par l'amante encore asservie à son maître. La prouesse de ce buste étrangement viril vient de cette alliance d'une rudesse sans flatterie, et d'une grandeur qui force le respect et impose sa loi.

Camille aura ainsi sculpté, avec l'équité de l'amour, avant qu'il ne se déforme sous le grief et la haine, la face en majesté de son destin.






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