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Mercredi 30 novembre 2011, la MAPIE (mission académique pédagogique pour l’innovation et l’expérimentation) de l’académie de Créteil a organisé une journée de réflexion sur les micro-lycées, structures qui offrent à des jeunes en rupture avec l’École la possibilité de renouer avec une scolarité et de préparer un baccalauréat. Interventions et ateliers se sont succédé pour permettre aux équipes éducatives présentes d’aborder la mise en place des micro-lycées, leur public et leur mode de fonctionnement. Au-delà, cette journée visait à favoriser le dialogue autour de différentes expériences et à encourager la mutualisation de pratiques.
Après une intervention du directeur du CDDP du Val-de-Marne (Centre départemental de documentation pédagogique) afin de présenter la journée et souhaiter la bienvenue aux participants, William Marois, recteur de l’académie de Créteil, chancelier des universités, a prononcé le discours inaugural. L’occasion pour lui de rappeler que les micro-lycées répondent pleinement aux ambitions du projet académique, notamment dans son volet « équité: ne laisser personne au bord du chemin. ». Il a par ailleurs souligné le dynamisme et la créativité des équipes qui exercent dans ces structures. C’est justement à eux que la parole a ensuite été donnée. Décrochage et raccrochage : deux termes qu’il était nécessaire de (re)définir, tant ils évoquent des réalités protéiformes et des situations d’élèves différentes. Ne pas systématiser les solutions mais les adapter au profil du jeune : telle est la ligne directrice qui guide les enseignants. Après un rapide historique et l’évocation de quelques points fondamentaux de la Charte des micro-lycées à travers des extraits de reportages, un échange s’est instauré avec la salle. En fin de matinée, des interventions de deux accompagnateurs d’équipe ont permis d’éclairer la question du décrochage à la lumière des théories des sciences de l’éducation, de la psychologie et de la sociologie.
Dans l’après-midi, quatre ateliers étaient proposés aux participants : « Une structure (pas) comme les autres ? », « Des professeurs (pas) comme les autres ? », « Des élèves (pas) comme les autres ? », « Des pédagogies (pas) comme les autres ? ». Des titres qui orientaient les discussions vers la question du positionnement du micro-lycée, entre inclusion et personnalisation. Envisager le jeune dans sa singularité et sa globalité tout en maintenant un lien avec l’établissement, les équipes éducatives et en évitant la stygmatisation du décrocheur, cette approche a sous-tendu les échanges. Le premier atelier permettait de s’interroger sur la synergie à trouver et les modalités d’élaboration d’un micro-lycée. « Des professeurs (pas) comme les autres ? », deux questions sous-titraient ce moment d’échange : l’équipe éducative assume-t-elle des missions et des fonctions spécifiques ? Quelle nouvelle professionnalité ? L’atelier « Des élèves (pas) comme les autres ? » traitait du profil du public des micro-lycées, notamment dans le choix des critères qui permettent aux jeunes d’intégrer ou pas cette structure. « Raccrocher ou bachoter ? Le petit groupe, mais jusqu’où ? », de vrais enjeux pédagogiques étaient au cœur des discussions du quatrième groupe de travail. Loin d’un exposé ex cathedra des animateurs, il s’agissait bien au contraire de susciter un dialogue, fondé sur le retour d’expériences et la volonté de mutualiser des pratiques. Le discours d’un maître de conférences en sociologie de l’UPEC (Université Paris-Est Créteil), a permis de clôturer cette journée qui a enrichi la réflexion de chacun.
En dix ans, l’académie de Créteil s’est dotée progressivement de trois micro-lycées : l’un à Sénart (77), l’autre à Vitry-sur-Seine (94) et le dernier à La Courneuve (93). Les résultats obtenus montrent l’efficacité des pratiques mises en œuvre dans ce type de structures auprès des élèves. L’organisation de cette journée visait à mesurer le chemin parcouru depuis dix ans mais surtout à envisager de nouvelles pistes, dans une optique d’amélioration pemanente. La réussite de cette rencontre est due à l’investissement de la MAPIE, des coordonnateurs et des équipes de ces structures, à l’accueil efficace de l’espace Aimé Césaire du CDDP 94 à Champigny-sur-Marne, et bien sûr, à la qualité des intervenants et des échanges.